Espagne: 3 frères d’origine marocaine condamnés à 8 ans de prison

TROIS FRÈRES D’ORIGINE MAROCAINE CONDAMNÉS À 8 ANS DE PRISON EN ESPAGNE




La Justice espagnole a condamné trois frères d’origine marocaine Khalid, Belkacem et Hicham Lamghari à huit ans de prison.

Ils avaient créé une cellule d’endoctrinement djihadiste, incitant un homme à se rendre en Syrie rejoindre une organisation criminelle pour combattre et se faire tuer dans un attentat à la bombe. Les trois frères, avaient été arrêtés il y a deux ans par la police en juillet 2020.

La Haute Cour nationale espagnole considère qu’il est prouvé que les accusés faisaient partie d’une cellule appartenant au groupe islamiste radical Hizb U Tahrir al Islami, situé à Badalona (Barcelone), qui « a procédé au recrutement et à l’endoctrinement de personnes dans cette ville et dans d’autres villes voisines afin de pour les instruire et les radicaliser dans l’idéologie djihadiste ».

En effet, une fois le processus de radicalisation achevé, « le groupe les envoyait dans ces zones de conflit pour commettre, des actes de terrorisme ou guerroyer avec l’EI ». Le but ultime étant d’établir en Syrie « un califat islamique sous la seule loi de l’islam, la charia ».




Les accusés ont effectué leur travail de recrutement et d’endoctrinement à travers des réunions dans des maisons ou des lieux publics à Badalona.

Ils disposaient de divers documents à contenu djihadiste radical, ainsi que d’un accès à divers sites Internet où ils participaient à des forums dans lesquels il promouvait et le djihad islamique justifié et la nécessité et l’obligation d’imposer le califat universel.

Le tribunal présidé par Francisco José Vieira considère qu’il est prouvé qu’ils ont endoctriné au moins un de leurs voisins de Badalona. Ce dernier ayant débuté une idéologie djihadiste en prison, l’avait complétée et perfectionnée à sa sortie avec les frères condamnés avant de se rendre en Syrie via la Turquie pour combattre aux côtés d’organisations terroristes.

Il est mort dans un attentat à la bombe. La Chambre a fondé ses éléments de preuve à charge sur la déclaration d’un témoin repenti et protégé sous la surveillance policière.




La documentation et les supports informatiques saisis sur les trois accusés, ainsi que sur l’agenda manuscrit du défunt en Syrie indiquait sa radicalisation et son exil pour combattre en Syrie. Au cours du procès, la défense a demandé à connaître l’identité du témoin à charge, en vain, cela a été refusé par le juridiction judiciaire.

Le témoin, l’un des éléments centraux de la condamnation, est un ami d’enfance du défunt et a assisté à son endoctrinement. La peine est très proche des neuf ans de prison requis par le procureur José Perals.

Ces huit ans de prison prononcés à l’encontre des trois frères sont la peine minimale pour le crime d’appartenance à une organisation criminelle. La défense peut toujours faire appel de la condamnation devant la chambre d’appel en ayant recours à cette même Haute Cour nationale voire, par la suite, devant la Cour suprême.

En 2020, 24 des 37 jihadistes (62%) arrêtés par les forces et organes de sécurité espagnoles étaient des citoyens de nationalité marocaine avait indiqué l’Exécutif espagnol dans une réponse parlementaire.




Les détenus pour « jihadisme » présumé en Espagne, étaient de cinq nationalités différentes, marocaine, espagnole, algérienne, syrienne et égyptienne.

Dans un entretien en mars 2021 avec l’agence de presse britannique Reuters, le patron du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), Haboub Cherkaoui, avait déclaré que ses services avaient contribué de par les renseignements fournis à arrêter des jihadistes ou à déjouer des attaques en France, en Belgique, en Italie, en Espagne, en Allemagne, au Burkina Faso, au Sri Lanka et aux États-Unis.

Dans ce même entretien, il était indiqué qu’au total, 1 645 Marocains avaient rejoint des groupes jihadistes en Syrie et en Irak, dont 745 sont morts dans des attentats suicides ou au combat.

La plupart d’entre eux s’étaient battus pour l’État islamique. (EI) ou Daesh. Depuis sa création en 2015, le Bureau central des investigations judiciaires a démantelé des dizaines de cellules militantes et arrêté plus d’un millier de jihadistes présumés.