Lutte contre l’immigration irrégulière: le Maroc appelé à renforcer ses lois

LUTTE CONTRE L’IMMIGRATION IRRÉGULIÈRE : LE MAROC APPELÉ AU RENFORCEMENT DE SES LOIS

Deux experts marocains des questions migratoires appellent le Maroc à rendre ses textes de lois sur la lutte contre l’immigration irrégulière, conformes à ses engagements internationaux.




Le Maroc reste à la fois un pays de transit, d’accueil, et de chef de file sur le continent africain en matière d’immigration clandestine.

Une position qui le soumet à de nombreuses difficultés comme celles enregistrées il y a quelques jours où des milliers de migrants subsahariens ont forcé le passage au niveau de Nador.

Pour Mehdi Alioua, président du groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants (GADEM) et Nadia Khrouz, professeure universitaire et experte en questions migratoires, le renforcement de l’arsenal juridique du Maroc pourrait l’aider à faire preuve d’efficacité dans la lutte contre les flux incessants de migrants clandestins, pour qui, le Maroc est un point de passage vers l’Europe.




Pour les deux experts, il est important de chercher à distinguer parmi les migrants, ceux qui veulent coûte que coûte se rendre en Europe et ceux qui envisagent de régulariser leur situation afin de s’installer au Maroc.

Ils ont relevé que le fait que le roi Mohammed VI ait lancé en 2014, des régularisations massives ont permis de « limiter les tentatives de passage », selon Mehdi Alioua.

Pour lui, il faut obligatoirement l’adoption de la loi sur l’asile pour rendre la tâche facile aux demandeurs d’asile, et ainsi contribuer à diminuer le nombre de migrants qui tentent de forcer le passage au niveau des frontières marocaines dans le but de se retrouver en Europe.

De son côté, Nadia Khrouz, professeure en sciences politiques à l’université Mohammed V à Rabat et experte en questions migratoires, souligne qu’en « matière de droit d’asile, il existe un décret datant de 1957, mais qui demeure insuffisant.




Il existe également un projet de loi en attente depuis le lancement de la nouvelle politique d’immigration et d’asile ».

Il faut dire que le Maroc a également ratifié en 1993 la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, même s’ils sont en situation irrégulière.

Pour l’universitaire, cette convention est « précieuse » dans le sens où « elle reprend l’ensemble des droits fondamentaux des travailleurs migrants, quelle que soit leur situation administrative, et intègre une partie de ceux en situation régulière ».

Il appartient désormais au Maroc de conformer son cadre légal aux conventions internationales auxquelles il s’est engagé.