Les détails de la visite du patron de l’armée israélienne à Rabat

LES DÉTAILS DE LA VISITE DU PATRON DE L’ARMÉE ISRAÉLIENNE À RABAT

Le chef d’Etat-Major et commandant en chef de l’armée israélienne, le Lieutenant-Général Aviv Kohavi, a entamé depuis lundi 18 juillet une visite de trois jours au Maroc. Ce déplacement devrait permettre de renforcer la coopération militaire entre les deux pays après la reprise de leurs relations diplomatiques fin 2020.




Mais les relations entre Israël et le Maroc remontent à plus loin que ça. Les deux pays ont maintenu des liens militaires secrets lors dernières décennies, et les touristes israéliens pouvaient visiter le Maroc.

Les relations se sont resserrées une fois les accords d’Oslo signés, et ont été interrompues avec le déclenchement de la deuxième intifada et renouvelées lorsque le Maroc est devenu le quatrième pays à rejoindre les accords d’Abraham.

Dans le calendrier du commandant en chef de Tsahal, il est indéniable qu’il devrait rencontrer à titre d’entretiens et même plus, le ministre délégué charge de l’administration de la Défense, Abdellatif Loudiyi et le Général de corps d’armée et Inspecteur général des Forces Armées Royales (FAR), Belkhir El Farouk.

Mais pas que, puisqu’accompagné d’une délégation de hauts responsables militaires, le Général Aviv Kohavi dans le cadre du renforcement des liens sécuritaires israélo-marocains, devrait également s’entretenir avec des dignitaires de la Sécurité du Royaume.

La Communauté juive du Maroc ne sera pas en reste et plusieurs rencontres sont prévues avec ses membres et Aviv Kohavi.




Il s’agit là, de la première visite officielle d’un chef d’état-major israélien au Maroc. Elle fait suite à celle du ministre israélien de la Défense, Benny Gantz et de Yaïr Lapid, ancien ministre des Affaires étranges et aujourd’hui Premier ministre d’Israël.

D’autres visites se sont ensuite poursuivies à un rythme soutenu raffermissant encore plus le rapprochement entre le Royaume et l’Etat hébreu, comme celle de la ministre israélienne de l’Intérieur Ayelet Shaked en juin dernier.

Ces visites se sont toutes conclues par la signature de partenariats dans les domaines technologique, sécuritaire, militaire, économique et culturel.

Pas plus tard que vendredi dernier, le ministère israélien des Transports a indiqué travailler avec des intermédiaires marocains pour permettre l’ouverture du poste-frontière du pont d’Allenby, qui sépare la Cisjordanie et la Jordanie, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

La ministre des Transports, Merav Michaeli, et son bureau « sont en contact avec des représentants américains, palestiniens et marocains concernant l’ouverture du poste-frontière du pont d’Allenby qui sépare la Cisjordanie et la Jordanie vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept », avait fait savoir le ministère dans un communiqué.




Des discussions qui ont progressé avec la visite de Joe Biden dans la région, cette semaine, a précisé le ministère. En mars dernier et toujours dans ce cadre de la coopération, une délégation de l’armée israélienne avait effectué une première visite officielle au Maroc depuis la normalisation des relations bilatérales.

Elle s’était traduite par la signature d’un accord de coopération militaire avec la création d’une commission militaire mixte. C’est qu’Israël et le Maroc ont une longue histoire de coopération sécuritaire et diplomatique. Au fil des ans, c’est une panoplie de systèmes d’armes qu’Israël a vendue au Maroc allant des drones aux cyberarmes.

Nice to know et d’exemple, en 2014, le Royaume a acheté trois drones Heron fabriqués par Israël Aerospace Industries (IAI) pour 50 millions de dollars. Le Heron peut rester en l’air pendant 45 heures et atteindre une altitude de 35 000 pieds.

Ils sont actuellement utilisés pour combattre les séparatistes du polisario, qui s’aventurent un peu trop près de notre territoire.

En novembre dernier, l’IAI avait vendu des drones Harop au Maroc. Contrairement aux drones développés pour la surveillance ou les attaques qui sont conçus pour rentrer chez eux une fois leurs missions terminées, l’IAI Harop est un drone à « munition vagabonde », mieux connu sous le nom de « drone suicide ».




Pour ne pas se limiter qu’à cela, en début d’année en février dernier, IAI fournissait au Maroc le Barak MX, un système intégré pour contrer un large éventail de menaces aériennes allant des hélicoptères et des avions, aux drones et aux missiles de croisière.

L’accord de vente qui comprend entre autres les systèmes de radar fabriqués par la filiale IAI Elta Systems et un système anti-drone fabriqué par Skylock au Maroc du Barak MX, est estimé à des centaines de millions de dollars et a été conclu lors de la visite dans le pays du ministre israélien de la Défense, Benny Gantz.

L’accord comprend la vente.

Par ailleurs, d’autres projets comme ceux de modernisation d’avions de combat F-5 de l’armée de l’air marocaine, de coopération ou de formation.

Et à ce dernier propos en juillet 2021, un avion-cargo Hercules marocain transportant des commandos des forces spéciales avait atterri sur la base aérienne israélienne de Hazor dans le cadre d’un exercice international de lutte contre le terrorisme auquel les deux pays participaient aux côtés des États-Unis.