Cryptomonnaies au Maroc: de l’interdiction à la réglementation

CRYPTOMONNAIES AU MAROC : DE L’INTERDICTION À LA RÉGLEMENTATION

Le Royaume du Maroc passe de l’interdiction de l’usage des monnaies virtuelles à la réglementation de l’usage des cryptomonnaies. Il initie un projet de loi dans ce sens.




Vingt-quatrième mondial avec près de neuf cent mille utilisateurs de monnaies virtuelles, en particulier le Bitcoin, le Royaume du Maroc fait un grand pas vers l’usage des cryptomonnaies sur son territoire.

Un projet de loi réglementant l’usage des cryptomonnaies est en cours d’élaboration. Il prévoit un système d’agréments et de licences des plates-formes d’échanges des cryptomonnaies, à l’instar de celui adopté en France.

À la manœuvre, des équipes de Bank al-Maghrib (la banque centrale du Maroc) mais aussi le Fonds monétaire international (FMI).

Une rencontre a eu lieu mi-juillet entre les équipes de la Banque centrale marocaine et Changpeng Zhao, le fondateur de Binance, l’une des plus grandes plate-formes d’échanges de monnaies virtuelles au monde, proposant de plus de six cents cryptomonnaies.




Badr Bellaj, expert en blockchain et cofondateur de l’entreprise Mchain, salue l’initiative marocaine.

« L’annonce par la Banque centrale de ce projet de loi est une très bonne nouvelle. J’ai accueilli l’annonce avec beaucoup d’intérêt, car elle va donner un caractère légal à la cryptomonnaie et ça permettra de protéger les utilisateurs marocains », indique-t-il à Arab News.

Selon lui, la difficulté principale se situerait toutefois dans le choix du consultant pour ce projet de loi.

« S’adosser au FMI pour l’élaboration du cadre réglementaire de la cryptomonnaie au Maroc donne un mauvais signal. Nous savons que le FMI a une idée très conservatrice sur ce secteur. J’espère que la Banque centrale ne va pas adopter les consignes du FMI à la lettre.




Il nous faut une loi qui réglemente la cryptomonnaie, mais qui autorise aussi son utilisation sous des conditions bien précises », avertit l’expert.

L’adoption de ce projet de loi permettra au Maroc de se positionner dans ce secteur très lucratif. Badr Bellaj est persuadé que le royaume pourrait devenir « un véritable hub africain des cryptomonnaies ».

Il étaye ses propos : « Le Maroc est déjà bien avancé dans plusieurs domaines liés à la finance. Il dispose d’un capital humain hautement qualifié. Il ne manquait que le cadre légal.

Grâce à ce projet de loi, le Royaume du Maroc pourrait faire son entrée dans le club fermé des hubs régionaux des cryptomonnaies, une industrie très lucrative qui permettra la création d’énormément d’emplois ».