L’Espagne ordonne l’expulsion d’un Marocain

L’ESPAGNE ORDONNE L’EXPULSION D’UN MAROCAIN

La justice espagnole a ordonné l’expulsion de Mohamed Saïd, un chef de la communauté islamique de Tarragone, pour menace à la sécurité nationale. Il est accusé d’endoctrinement djihadiste.




Mohamed Saïd, 40 ans, réside à Tarragone depuis 30 ans.

La police lui a notifié mercredi dernier l’ordonnance d’expulsion pour menace à la sécurité nationale.

Le Marocain est accusé d’endoctrinement djihadiste dans sa communauté et de « tenter d’entrer en politique pour déstabiliser l’État espagnol et ses institutions ».

La police le considère comme l’un des « principaux référents en Espagne du salafisme orthodoxe », fait savoir le journal espagnol El País.

Mohamed Saïd est arrivé à Reus depuis Larache au Maroc avec ses parents alors qu’il n’avait que 10 ans. Aujourd’hui, il est marié et père de trois enfants et a un emploi stable.




Depuis cinq ans, Mohamed Saïd est le porte-parole de la mosquée As-Sunnah à Reus, classée salafiste.

« Je nie toute radicalisation et apologie de la violence. J’ai collaboré avec les forces de sécurité de la province pour qu’il n’y ait pas de problèmes. Et maintenant, ils viennent m’accuser de ces choses… », déplore-t-il.

Il y a quelques semaines, les autorités espagnoles ont rejeté sa demande de nationalité espagnole, le suspectant d’être un « radicalisé ».

Selon le rapport des services de renseignement, Mohamed Saïd a clairement indiqué dans des déclarations publiques qu’il était pour le port du hijab, l’enseignement de l’islam et l’intégration de menu halal dans les écoles.




Le rapport évoque également son activité sur les réseaux sociaux qui est un moyen pour lui d’étendre « sa sphère d’influence » au-delà de Tarragone.

Depuis juin 2020, Mohamed Saïd préside l’Association de défense des droits de la communauté musulmane (ADEDCOM).

Les organisations de la société civile et la mairie de Reus sont mobilisés pour défendre ses droits et empêcher son expulsion.

Un rassemblement de soutien a eu lieu lundi dans la ville, avec plus de 150 personnes.

Dans un communiqué conjoint, les partis ERC, PSC ou le CUP attestent que Mohamed Saïd a toujours participé aux activités de la municipalité et demandent au ministère de l’Intérieur d’en tenir compte.

Mohamed Saïd a déjà fait appel de la décision.