Maroc-Espagne: des questions sensibles toujours en suspens

MAROC-ESPAGNE: DES QUESTIONS SENSIBLES TOUJOURS EN SUSPENS

Cinq mois après la décision du Président du gouvernement d’Espagne Pedro Sánchez de soutenir le plan d’autonomie du Sahara marocain sous souveraineté marocaine, considéré comme « la base la plus sérieuse, réaliste et crédible » pour résoudre le conflit, les relations avec le Maroc ont été certes rétablies, mais des questions sensibles restent toutefois en suspens.




Le Royaume du Maroc et le Royaume d’Espagne ont entamé une nouvelle étape de leurs relations le 7 avril dernier, date à laquelle le Président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a rencontré le roi du Maroc Mohammed VI à Rabat.

La nouvelle feuille de route des relations hispano-marocaines a prévu la réactivation du groupe de travail qui est chargé de la délimitation des espaces maritimes sur la façade atlantique, la « normalisation de la circulation des personnes et des biens », la relance de la coopération économique, de la coopération migratoire ou de la coopération culturelle entre les deux pays et la tenue de la XIIᵉ réunion de haut niveau. Cinq mois après, le bilan reste mitigé.




Les relations et la coopération entre le Royaume du Maroc et le Royaume d’Espagne ont été rétablies à tous les niveaux. Les frontières des villes occupées de Sebta et de Melilla ont été rouvertes et l’Opération Marhaba 2022 a été organisée après deux ans d’annulation.

De même, la coopération migratoire et la coopération policière a été relancée, ce qui a permis de réduire les flux migratoires. Toutefois, deux questions sensibles restent à résoudre: la délimitation des eaux territoriales et l’installation des bureaux de douane commerciale à Sebta et à Melilla.

Par ailleurs, une nouvelle crise migratoire a secoué la nouvelle relation entre les deux pays. Le 24 juin, les forces de sécurité marocaines ont empêché l’assaut d’environ 1 500 migrants subsahariens à la frontière de Melilla, tuant 23 d’entre eux, selon les sources officielles marocaines.




Le Maroc craint aussi qu’Alberto Núñez Feijóo, le chef du Parti populaire (PP), annoncé à la Moncloa en remplacement de Pedro Sánchez, ne revienne sur la position de l’Espagne concernant le Sahara marocain.

Le directeur de la police nationale espagnole, Francisco Pardo Piqueras, et l’actuel directeur général de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et directeur de la Direction générale de la surveillance du territoire marocain (DGST), Abdellatif Hammouchi, se sont réunis à Rabat.

Les deux responsables ont abordé à l’occasion les questions qui sont liées à la lutte contre le terrorisme, contre le trafic de drogue, contre l’immigration irrégulière, la coopération migratoire et la préparation de la prochaine réunion de haut niveau.