France: Gérald Moussa Darmanin prépare une liste de musulmans à expulser

GÉRALD MOUSSA DARMANIN PRÉPARE UNE LISTE DE MUSULMANS À EXPULSER DE FRANCE

L’affaire de l’imam marocain Hassan Iquioussen n’était qu’un début… Vendredi, le ministre français de l’Intérieur a assuré qu’il y aura «d’autres imams Iquioussen». Invité d’une émission de BFM TV, il fait état d’une «liste» de «prédicateurs», «de présidents ou agitateurs d’associations», «moins d’une centaine de personnes», qui pourraient subir le même sort.




Mediapart confirme que Gérald Moussa Darmanin est déjà dans le coup d’après, «les regards se tournent vers les réseaux de l’ex-UOIF, l’Union des organisations islamiques de France (rebaptisée Musulmans de France)».

«Entre les fermetures de comptes et les convocations en préfecture, en coulisse les opérations administratives se multiplient à présent, à bas bruit, contre les personnalités proches de la fédération des Frères musulmans français», indique-t-on.

D’après le média, l’imam tunisien Ahmed Jaballah, ancien président de l’organisation islamique, est dans le viseur. «Depuis le 20 septembre 2019, il est dans l’attente du renouvellement de sa carte de résident de 10 ans, dont l’instruction est invariablement repoussée. Depuis trois ans, les autorités se contentent de lui transmettre des récépissés actant sa demande de renouvellement», explique Mediapart.




L’homme, également connu pour ses activités de vice-président du Conseil européen de la charia, n’est pas le seul visé. «D’autres imams, non affiliés à la structure des Frères musulmans, sont aussi concernés par des blocages de titre de séjour», précise-t-on, avant de citer aussi le responsable de la mosquée de Pessac, Abdourahmane Ridouane qui a vu, depuis 2019, la reconduction de son titre de séjour perpétuellement repoussée.

«Dans les milieux musulmans, on craint que la dissolution des Musulmans de France (ex-UOIF), vieille revendication du Rassemblement national (RN, ex Front National, FN), ne revienne sur le tapis à la faveur des débats entourant le futur projet de loi « Immigration »», ajoute-t-on. Mediapart revient, par ailleurs, sur la rencontre entre l’imam Iquioussen et Gérald Moussa Darmanin.




Gérald Moussa Darmanin avait menti en qualifiant cette information de «fake news», avant d’admettre qu’il est «fort probable» qu’il l’avait croisé en 2014.

Il révèle qu’à l’époque, l’actuel ministre de l’Intérieur avait aussi rencontré l’équipe d’Averroès, le lycée musulman sous contrat avec l’État et fondé par Amar Lasfar, alors président de l’Union des organisations islamiques de France (rebaptisée Musulmans de France) et ami d’Hassan Iquioussen, où ce dernier est intervenu – un temps – comme professeur d’éthique musulmane.

Un an plus tard, au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo, Gérald Moussa Darmanin alors député UMP de la 10e circonscription du Nord, avait d’ailleurs effectué un déplacement au sein de l’établissement pour dénoncer les amalgames contre les musulmans. Une autre époque, pourtant pas si lointaine.