Maroc: la récolte d’olives compromise à cause de la sécheresse

MAROC: LA RÉCOLTE D’OLIVES COMPROMISE À CAUSE DE LA SÉCHERESSE

Les conditions météorologiques extrêmes qui ont frappé et qui frappent toujours le Royaume du Maroc lors de cette saison agricole et ce, depuis le début de cette année menacent sérieusement les récoltes et particulièrement celle des olives en plus d’autres, bien sûr. Le secteur oléicole se prépare à de faibles ou très faibles rendements alors que la campagne agricole 2022/23 va bientôt démarrer.




Les aléas climatiques, comme la sécheresse, ajoutés aux périodes de canicules, au manque cruel de précipitations, à la baisse drastique des eaux de barrages, voire les incendies de forêts ou autres ont logiquement de lourdes conséquences sur les exploitations agricoles (toutes cultures confondues qu’elles soient vivrières intensives, d’irrigation ou comptant sur la pluie). 

Malgré les dernières mesures de soutien aux agriculteurs, aux éleveurs et les précautions à prendre pour une gestion des risques, idoine, sûr que l’on va la sentir passer cette année que d’aucuns considèrent comme la pire et que le fait s’inscrit désormais dans l’Histoire.

De plus et pour ajouter à l’histoire, la recharge des nappes d’eau souterraines de cet hiver/printemps a été mauvaise, voire inexistante. 

Plusieurs régions ont du coup activé l’alerte rouge osant même déclarer l’état d’urgence en raison des prévisions de sécheresse et de faibles précipitations, le tout aggravé par des vagues de chaleur persistantes dans les deux plus grandes zones de production du pays (Marrakech-Safi et Fès-Meknès) ont été largement imputées à la baisse de production prévue.




De plus avec l’été chaud et sec, cela a entraîné une baisse considérable des réserves des barrages ce qui entraîne la réduction des approvisionnements en eau pour l’irrigation pendant la phase critique du développement des fruits au grand dam des producteurs. 

Il faut dire que ces derniers font face à la pire situation concernant l’eau depuis quatre décennies. Cette crise d’eau affecte directement l’oléiculture.

L’olive, principal fruit cultivé au Royaume du Maroc, nécessite annuellement environ 3.000 m³ d’eau par hectare.

Bien qu’étant une plante adaptée aux climats chauds et secs, elle a besoin d’un minimum de pluie en hiver et au printemps, et cette année, elle en a vivement manqué surtout lors de la période froide. 

La sécheresse et les vagues de chaleur exacerbées qui accompagnent cet été et particulièrement lors du moment critique du cycle végétatif, laissent un panorama dévastateur pour les oliviers.

Cela présage une campagne avec perte de qualité et de quantité du produit pour la prochaine récolte.

C’est une situation grave qui affecte le secteur.

Toutes les régions oléicoles marocaines, à l’exception de l’Oriental, subiront une baisse importante de la production.




Pour répondre à cette problématique, il va falloir repenser les pratiques de gestion de l’eau, en se concentrant sur l’utilisation rationnelle des ressources hydriques, compte tenu des changements du climat.

Le Royaume du Maroc est un pays à la fois producteur et consommateur d’huile d’olive et il est un important producteur d’olives de table et d’huile d’olive dans le monde.

Les oliveraies occupent plus d’un million d’hectares dans le pays et sont cultivées dans cinq régions distinctes, toutes situées dans le nord du pays.

Dans l’ensemble, les filières oléicoles représentent environ 5% du PIB agricole du pays et réalisent un chiffre d’affaires annuel d’environ 6.6 milliards de dirhams marocains (630 millions d’euros).

Cela étant, il est grand temps de mieux nous préparer au risque de sécheresse et d’accompagner les filières agricoles dans leur stratégie pour s’adapter aux aléas du changement climatique.

Cela passe par l’anticipation de quelques mesures nécessaires à la préservation de la ressource en eau et en veillant aux enjeux de l’eau potable, de l’agriculture et de la production d’énergie (les barrages).