L’État belge condamné pour avoir forcé Salah Echallaoui à démissionner

L’ÉTAT BELGE CONDAMNÉ POUR AVOIR FORCÉ SALAH ECHALLAOUI À DÉMISSIONNER

Le Tribunal de première instance de Bruxelles se penche du côté de Salah Echallaoui qui avait, en 2020, démissionné de la présidence de l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) sur « injonction de démission ou de licenciement » du ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne.




L’affaire remonte au mois de décembre 2020…

À l’époque, Vincent Van Quickenborne avait appelé à un renouvellement de tous les organes de l’Exécutif des musulmans de Belgique, après avoir émis un avis négatif concernant la reprise des activités de la Grande Mosquée de Bruxelles.

Elle aurait été infiltrée par trois agents du service de renseignement marocain, rappelle le quotidien généraliste belge de langue française « Le Soir ».

La Sûreté de l’État a même souligné qu’il a fallu la mise en place d’un système d’imams attachés au service de la Grande Mosquée en 2019, pour qu’elle cesse d’être « un vecteur structurel de diffusion de l’extrémisme religieux ».

Le belgo-marocain Salah Echallaoui a alors démissionné « sans reconnaissance de ces accusations infondées » et assigné la Sûreté de l’État et le ministre de la Justice devant les tribunaux en mai 2021.




En donnant raison dans son jugement du 1ᵉʳ septembre à Salah Echallaoui, le Tribunal de Première instance de Bruxelles souligne que les informations recueillies par la Sûreté « sont assimilables à un renseignement anonyme dépourvu, comme tel, de valeur probante. Pareils renseignements doivent dès lors faire l’objet d’un usage particulièrement prudent ».

En ce qui concerne les agissements et les propos émis par le ministre de la Justice et qui ont poussé à la démission de Salah Echallaoui, le tribunal y voit « une ingérence sans fondement juridique et disproportionnée dans les libertés de culte et d’association » de ce dernier, qui constitue.

« Les seuls renseignements fournis par la Sûreté de l’État, sans autre élément permettant de vérifier leur véracité, ne suffisent pas à établir la réalité des faits d’espionnage et d’ingérence imputés à Echallaoui », souligne le tribunal.




Pour Marc Uyttendaele, avocat de Salah Echallaoui, le jugement du Tribunal de Première instance rétablit l’honneur de son client.

« C’est une vraie baffe envers le ministre de la Justice. On a présenté Monsieur Echallaoui comme quelqu’un qui faisait le jeu de l’action étrangère, qui voit désormais son honneur rétabli aujourd’hui. Lorsque je l’ai reçu la première fois, c’était un homme abîmé, dont l’action a été salie par des propos ministériels et qui devait se sacrifier à titre personnel dans les combats qui l’animaient. »

Marc Uyttendaele a déjà annoncé qu’il comptait introduire une plainte auprès du Comité permanent R pour son client. De son côté, le cabinet du ministre de la Justice annonce qu’il fera appel du jugement.

« Dans l’intérêt de la communauté musulmane de notre pays, nous continuerons à parler ce langage clair et à nous attaquer aux magouilles et aux falsifications », a-t-on déclaré au cabinet.