Passeport de Brahim Ghali: des enquêteurs espagnols iront en Algérie

UNE COMMISSION ROGATOIRE ESPAGNOLE SE RENDRA EN ALGÉRIE POUR ENQUÊTER SUR LE PASSEPORT DE BRAHIM GHALI

Le président du tribunal d’instruction numéro 7 de Saragosse a validé la demande d’une commission rogatoire se rendant en Algérie pour enquêter sur le passeport de Brahim Ghali, chef du groupe séparatiste armé qui se fait appeler « polisario ».




La commission rogatoire qui se rendra en Algérie doit s’informer auprès des autorités algériennes sur le passeport que le chef du groupe séparatiste armé qui se fait appeler « polisario » avait présenté à l’hôpital San Pedro de Logroño, où il a été admis en avril 2021.

Selon l’ordonnance, consultée par Europa Press, le juge Rafael Lasala a accepté la requête du procureur de se rendre à Alger pour savoir si ses autorités ont délivré le passeport faisant l’objet d’une enquête à Saragosse pour faux document.

La justice espagnole veut savoir si le numéro figurant sur le document correspond à un dossier qui a été traité et «si l’identité de la personne est certaine».




L’agence espagnole rappelle que selon ledit document de voyage, Mohamed Benbatouche, le faux nom avec lequel Ghali se serait présenté, serait effectivement né le 19 septembre 1950.

Or, les autorités algériennes ont délivré un autre document au nom de Brahim Ghali Mustapha, qui serait lui né le 18 août 1949.

Le juge d’instruction a rappelé que l’Espagne et l’Algérie avaient signé en 2002 une convention d’entraide judiciaire qui établissait «l’engagement» des deux parties à s’accorder un soutien mutuel.

Il a ainsi envoyé aux autorités algériennes une photocopie du passeport de Ghali pour aider à faire la lumière sur les faits faisant l’objet de l’enquête.

La décision de mettre cette commission rogatoire intervient après que le juge a accepté, cet été, de prolonger l’enquête de six mois et de la rediriger vers le délit de falsification de documents pour le passeport de Brahim Ghali.




Le faux vrai (ou le vrai faux) passeport de Brahim Ghali avait été utilisé pour son identification à l’hôpital San Pedro de Logroño.

Le magistrat a pris cette décision après que le Tribunal provincial de Saragosse a ordonné le classement de l’enquête menée contre l’ancienne ministre des Affaires étrangères Arancha González Laya pour des délits présumés de prévarication et de dissimulation suite à l’entrée du secrétaire général du Polisario en Espagne sans passer par des contrôles aux frontières.

L’agence de presse privée espagnole Europa Press note que le juge Rafael Lasala poursuivra les procédures relatives au délit de falsification de documents, rappelant qu’en avril dernier, il a demandé à la délégation du Front Polisario en Espagne de lui fournir l’adresse actuelle de Luali Brahim Sid El Mustafa, fils de Brahim Ghali, pour qu’il puisse témoigner.