Jeux Méditerranéens, coupe arabe U17, Sommet arabe,… l’Algérie rate tout

JEUX MÉDITERRANÉENS, COUPE ARABE U17, SOMMET ARABE,… COMMENT L’ALGÉRIE A RÉUSSI À TOUT RATER

Incapable d’organiser des événements d’envergure internationale, l’Algérie continue pourtant et s’entête à candidater pour accueillir différentes manifestations sportives et politiques. L’affaire des Jeux Méditerranéens, pour ne citer que cela, devrait être citée en exemple pour toutes les instances et institutions qui penseraient à l’Algérie pour leurs événements. Et le Sommet arabe, qui doit être organisé dans deux mois, sera plus que jamais un événement à suivre.




Nous avons tous suivi l’organisation des Jeux Méditerranéens à Oran en Algérie.

Ces jeux, réunissant 5.000 athlètes, ont eu des difficultés à se mettre en place avant le début de l’événement, et ont été fortement critiqués pendant leur tenue par les organisateurs et plusieurs délégations internationales, avant de se solder par un événement tragique.

Des Jeux Méditerranéens traumatisants

Dans son rapport régulier et à 7 mois de l’ouverture des Jeux, soit en novembre 2021, Bernard Amsalem, le président du Comité de coordination des Jeux méditerranéens d’Oran 2022 et 2e vice-président du Comité international des Jeux méditerranéens (CIJM), a fait part, lors d’une réunion à Athènes en Grèce, de « sa préoccupation et de son inquiétude face aux retards de construction des infrastructures, d’achèvement des appels d’offres, de mise en place de programmes de technologie et de transports ».

Les organisateurs avaient exprimé leurs difficultés à joindre le président du Comité olympique algérien, en raison de la mauvaise qualité d’Internet en Algérie.

Mais en réalité, cette mauvaise connexion masquait l’absence de réponses aux questions du Comité.




Les autorités algériennes avaient accumulé des retards monstres dans leurs plans et n’ont pas tenu leurs engagements.

Une fois sur place, le Comité a épinglé l’Algérie sur des détails pourtant élémentaires, entre autres de ne pas avoir prévu d’interprètes pour accompagner les délégations étrangères, venues assister à l’opération des tirages au sort.

De même, dès leur accueil, les délégations n’ont retrouvé aucun chargé de communication ou de presse pour les orienter.

La délégation croate à peine débarquée, à titre d’exemple, a livré un surprenant constat relayé dans la presse croate.

« Nous ne pourrons supporter 14 jours en Algérie, les conditions de résidence, de logement et de transport sont catastrophiques et le gymnaste le plus proche est à une heure et demie de la résidence », ont-ils décrit en critiquant que plus d’un milliard de dollars d’argent public qui a été dépensé dans ce qu’ils ont qualifié de scandale.




Plusieurs délégations européennes du pourtour méditerranéen ont refusé de jouer dans les conditions « offertes » par l’Algérie.

Pour certaines disciplines, les athlètes n’avaient pas à disposition de lieux ou salles d’entrainement, ou les plus proches étaient situés à 40 kilomètres.

Les défaillances organisationnelles se sont manifestées également dans la nourriture servie aux participants.

Les délégations présentes ont critiqué la qualité des repas servis et ont fait parvenir de la nourriture depuis leur pays jusqu’en Algérie.

À noter également que ces Jeux d’Oran se sont illustrés par une affaire de plagiat de l’affiche officielle des Jeux Méditerranéens d’Oran ainsi que de la chanson officielle des Jeux qui a été plagiée d’une chanson… marocaine.

Sans oublier l’expérience traumatisante vécue par les journalistes sportifs marocains, qui ont fait les frais de la politique algérienne hostile au Royaume.




Les journalistes qui faisaient partie de la délégation marocaine ont été expulsés manu militari après avoir été séquestrés plus de 30 heures à l’aéroport.

À la fin de ces Jeux, une lettre-sanction du Comité international des Jeux méditerranéens est tombée.

Le Comité a en effet exigé des excuses officielles de l’Algérie après cet épisode catastrophique.

L’Algérie organisait pour la première fois un événement sportif d’envergure internationale et avait affirmé (à tort de toute évidence) disposer de l’expérience et toutes les infrastructures nécessaires.

Une lettre-sanction pour protester contre l’Algérie

Fin juin, dans une lettre de protestation adressée à Aziz Derouaz, président et Commissaire des Jeux Méditerranéens d’Oran 2022, le secrétaire général du Comité international des Jeux méditerranéens, Iakovos Filippousis, a énuméré plusieurs des défaillances qui ont rendu cette expérience « extrêmement négative et pour certains, même traumatisante ».




Il a mentionné « l’absence de la moindre installation sportive au niveau du village olympique », critiquant le fait que l’Algérie n’ait pas réussi à mettre en valeur les Jeux Méditerranéens.

Il a de même dénoncé « les insuffisances organisationnelles importantes et fondamentales, qui ont créé des impressions extrêmement négatives chez les membres de la famille méditerranéenne et provoqué de vives réactions ».

Il a rappelé que la présentation de la cérémonie d’ouverture a été « rythmée par des coupures de son et une chorégraphie approximative », estimant que le plan de transport a été « un échec total ».

Des présidents et secrétaires généraux des comités olympiques et des Fédérations Internationales ont « été gravement menacés dans leur sécurité devant les portes d’entrée, et sans pour autant avoir pu assister à la cérémonie », a-t-il ajouté.

« Il s’agit d’un épisode inacceptable et sans précédent, qui offense ouvertement le Comité international des Jeux méditerranéens et la famille sportive méditerranéenne », a-t-il affirmé.




Il a souligné « l’incapacité (des autorités NDLR) de subvenir aux besoins basiques en termes d’assistance médicale, d’approvisionnement en eau potable, de qualité de la nourriture et de débit de l’eau dans les robinets ».

Et pour finir cette accumulation de « bourdes » traduisant l’incapacité de l’Algérie à organiser des évènements internationaux et en tournant une rencontre méditerranéenne placée sous le signe de la liesse en épisodes dramatiques pour plusieurs participants, les Jeux Méditerranéens d’Oran 2022 se sont terminés par un événement tragique : la mort de Guy Koller, président de la Fédération Française d’Haltérophilie-Musculation, dans sa chambre d’hôtel à Oran.

Les circonstances de son décès n’ont toujours pas été élucidées.

Coupe arabe U17 : Zéro sécurité

Malgré ce scandale retentissant, l’Algérie a persisté en organisant la Coupe arabe de football des moins de 17 ans à Oran, deuxième ville du pays.

Là, il s’agit d’un événement avec moins de participants et qui avait l’air d’être tout à fait gérable, si ce n’est qu’il fallait être vigilant sur un seul point, à savoir garantir la sécurité des enfants.




Hélas, même sur ce point-là, l’Algérie a lourdement échoué et démontré l’inexistence de sécurité dans le pays. Pendant toute la compétition, la sélection marocaine a fait l’objet de pressions et de gestes d’hostilité.

Ces mineurs ont tenu bon malgré l’ambiance hautement négative et antisportive qui régnait pendant la compétition.

En cause, la situation politique en Algérie qui a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc en août 2021 et qui s’est manifestée dans l’accueil des enfants marocains qui ont payé le prix de la haine des dirigeants algériens envers le Maroc.

Arrivés en finale, les Lionceaux marocains ont disputé le match contre la sélection algérienne qui l’a remporté.

Pourtant vainqueurs, les joueurs algériens se sont attaqués physiquement à plusieurs joueurs marocains, notamment le gardien de but.

Le terrain s’est rapidement transformé en champ de bataille, quand le public a également envahi la pelouse pour s’attaquer aux joueurs marocains.

Et malgré un important dispositif sécuritaire sur place, aucun responsable de la sécurité, aucun adulte n’est intervenu, voulant manifestement laisser les joueurs marocains se faire agresser.




Sommet arabe en Algérie, un échec annoncé

Enfin, un prochain rendez-vous devrait révéler au grand jour et au niveau des États arabes, l’incapacité formelle et établie de l’Algérie à assurer l’organisation d’événements internationaux.

Il s’agit du Sommet de la Ligue arabe et cette fois, il ne s’agira point de jeunes enfants ou d’athlètes olympiques, il s’agira de chefs d’Etat et de gouvernement.

La question est d’autant plus sensible puisqu’il s’agit de pays arabes incluant des monarchies, des pays influents, pointilleux et intraitables sur les questions de protocole, et caractériels, qui pourraient quitter le Sommet si l’organisation n’y est pas.

Cette réunion était déjà partie pour être annulée, plusieurs fois menacée de report. L’Algérie a peiné à convaincre plusieurs pays influents, notamment les Émirats arabes unis, l’Arabie Saoudite qui avaient des réserves quant à la politisation de l’événement pour servir un agenda algérien qui n’a pas été révélé.




Quelques éléments ont néanmoins été annoncés du côté d’Alger et cela n’a fait que renforcer les inquiétudes arabes.

Il s’agit du placement de la question palestinienne au centre des discussions en sachant que l’Algérie diabolise Israël alors que plusieurs pays arabes ont normalisé leurs relations avec l’État hébreu.

Deuxième élément, l’Algérie voulait pousser à faire réadmettre la Syrie exclue depuis le printemps arabe, pour se targuer plus tard d’avoir été le pays ayant fait rétablir la situation.

Sauf que les pays arabes ne sont pas prêts de faire réadmettre la Syrie pour le moment, et l’Algérie a dû renoncer à cette idée.

Troisième élément, non annoncé, mais que tout connaisseur de l’Algérie et de son régime peut en attester, la question du Sahara marocain devrait être également mentionnée, alors que la plupart des pays arabes reconnaissent la marocanité du Sahara et certains des dirigeants arabes ont même participé à la Marche Verte de 1975.




La question des relations Maroc-Algérie, très conflictuelles, pose certaines interrogations, notamment sur le sujet de la crédibilité.

Comment l’Algérie peut-elle vouloir prêcher ou s’imposer comme un pays fédérateur, réunissant les pays arabes si elle-même prône la désunion au quotidien et est loin d’être un exemple à suivre ?

L’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc, son voisin immédiat, et le combat sur le plan diplomatique, organise des exercices militaires à ses frontières, l’insulte en permanence.

Au-delà de l’impossibilité manifeste à organiser des éléments sur le plan logistique, l’Algérie est incapable de réunir et de fédérer.

Aussi, faudrait-il s’attendre et sans surprise, comme l’Algérie l’a fait pour les Jeux Méditerranéens et la Coupe arabe U17, à ce que cette réunion soit le théâtre de coups bas visant le Maroc, mais également un grand désastre organisationnel.