Maroc: décès d’une mineure suite à un avortement clandestin

MAROC : COLÈRE D’ONG SUITE AU DÉCÈS D’UNE MINEURE À CAUSE D’UN AVORTEMENT CLANDESTIN

La Coalition Printemps de la dignité a exprimé sa colère, ce mardi, suite au décès d’une mineure après un avortement clandestin à Boumia, dans la province de Midelt.




La jeune fille de 14 ans a subi l’intervention sans assistance médicale, au domicile du mis en cause dans sa grossesse résultant d’un viol, et en présence d’une sage-femme ainsi que d’un technicien de l’hôpital d’Azrou, qui se serait fait passer pour un infirmier.

Selon le collectif associatif, l’enfant aurait été victime d’une exploitation sexuelle par le responsable de sa grossesse, qui serait son violeur.

Dans un communiqué, la Coalition Printemps de la dignité a rappelé sa position pour une législation qui protège les femmes contre les violences et la discrimination basée sur le genre.

Elle a dénoncé un «acte odieux et une double violence dont cette fille a été victime, notamment un viol qui a abouti à une grossesse et un avortement clandestin dans des conditions dangereuses auxquelles elle a été soumise, malgré la détérioration de son état de santé».




Les circonstances de l’intervention ont en effet entraîné une hémorragie grave, donnant lieu à la mort de l’adolescente, selon le collectif associatif.

«Nous portons à l’État l’entière responsabilité de pousser les femmes et les filles à recourir à l’avortement clandestin à risque, quelles que soient les circonstances dans lesquelles la grossesse a eu lieu, sans tenir compte de la souffrance des femmes et des filles en cas de grossesse non désirée», indique la Coalition Printemps de la dignité.

Dans ce sens, cette dernière exige «une réforme radicale» des termes du Code pénal, en harmonie avec les principes de la Constitution et des pactes internationaux.




La Coalition Printemps de la dignité appelle aussi à «lever la criminalisation de l’avortement médicalement assisté et l’encadrer dans un Code de la santé publique, selon les critères fixés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et en faire un service public dont les femmes peuvent bénéficier chaque fois que la grossesse présente une menace pour leur santé physique, psychologique, mentale ou santé sociale».

Par ailleurs, la Coalition Printemps de la dignité préconise l’élaboration d’un plan de prévention contre les grossesses non désirées, afin de «sensibiliser les filles et les femmes, tout en leur permettant une éducation sexuelles, des informations et des outils nécessaires pour accéder au droit à un accouchement sans risques».