Le président égyptien appelle à préserver l’intégrité territoriale des États et à ne pas traiter avec des milices armées

LE PRÉSIDENT ÉGYPTIEN APPELLE À PRÉSERVER L’INTÉGRITÉ TERRITORIALE DES ÉTATS ET À NE PAS TRAITER AVEC DES MILICES ARMÉES

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé, depuis le Qatar, à préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale des Etats et à ne pas traiter, sous aucune forme, avec des organisations terroristes et des milices armées. Des déclarations qui interviennent quelques semaines avant la date du sommet arabe et coïncident avec des rapports sur l’existence d’une crise entre l’Egypte et l’Algérie.




Après trois ans de froid diplomatique, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi s’est rendu, cette semaine, au Qatar pour une visite officielle de deux jours.

En marge de sa première visite dans cet émirat du Golfe, depuis qu’il a pris le pouvoir en 2014, al-Sissi a confié à l’agence de presse officielle du Qatar que sa visite vient en soutien à «la solidarité arabe» et pour l’activation de l’action arabe commune pour atteindre un objectif principal, qui est de «maintenir la sécurité et la stabilité de la région au cours d’une phase actuelle sensible et marquée par des conditions d’instabilité régionale et internationale».

Dans sa déclaration sur le prochain Sommet de la Ligue arabe, le président égyptien a affirmé qu’il «se tiendra à un moment sensible pour la nation arabe, qui connaît de nombreuses crises, des tensions et la propagation de la menace de terrorisme».




«Pour être clair et concentré sur ce point, j’insiste sur l’inévitabilité du rétablissement d’un certain nombre de principes et de concepts dans notre région arabe, au premier rang desquels figure l’adhésion au concept d’État national, la préservation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, et ne traiter sous aucune forme avec des organisations terroristes et des milices armées, et en retour soutenir les armées nationales et les institutions militaires.»

Le président égyptien a également souligné la nécessité de «fermer la porte à toute ingérence extérieure, en plus d’adhérer au principe de citoyenneté comme élément essentiel pour le maintien de la paix sociale».

«Ce sont des principes généraux autour desquels tournent tous les problèmes de la région arabe, et c’est dans ce cadre que nous nous réjouissons de coopérer avec nos frères arabes lors du prochain sommet», a-t-il conclu.




Les déclarations d’al-Sissi concernant la préservation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des pays interviennent à un moment où plusieurs rapports évoquent un froid diplomatique entre son pays et l’Algérie.

L’Égypte et les États arabes du Golfe voient, en effet, les relations algéro-iraniennes avec suspicion.

L’Égypte suit aussi avec inquiétude l’évolution des relations algéro-éthiopiennes, à la lumière de la crise entre Le Caire et Addis-Abeba à propos du barrage de la Renaissance. Les propos d’al-Sissi peuvent aussi concerner le cas du Maroc et le différend territorial sur le Sahara.

L’Égypte ne reconnaît pas la «RASD» du Polisario et n’a jamais établi de relations avec le mouvement séparatiste.

En mai dernier, le ministre égyptien des Affaires étrangères a réitéré, après des entretiens qu’il a eus à Rabat avec son homologue Nasser Bourita, la position de son pays en faveur de l’intégrité territoriale du royaume et son attachement à une solution internationale à la question du Sahara.




L’Egypte a également figuré parmi les participants à la Conférence ministérielle d’appui à l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine, qui s’est tenue en janvier 2021.

En échange du soutien de l’Égypte à l’intégrité territoriale du Maroc, le royaume a annoncé son «plein soutien à la sécurité hydrique de l’Égypte en tant que partie intégrante de la sécurité hydrique arabe», appelant à «l’abandon des politiques unilatérales en rapport avec les fleuves internationaux et l’engagement envers le droit international», y compris l’accord de principes signé en 2015 en ce qui concerne le remplissage et l’exploitation du barrage de la Renaissance.

Fin août, l’Algérie a accueilli à bras ouverts le premier ministre éthiopien, dans le cadre d’une visite officielle en plein crise entre les pays traversés par le Nil.