Des infirmiers marocains autorisés à opérer, les médecins en colère

DES INFIRMIERS MAROCAINS AUTORISÉS À OPÉRER, LES MÉDECINS EN COLÈRE

Dans une circulaire en date du 7 septembre, le ministre de la Santé Khalid Ait Taleb informe les infirmiers anesthésistes et réanimateurs qu’ils sont autorisés à assurer les interventions urgentes en l’absence des médecins. C’est la solution provisoire trouvée par le ministre de la Santé pour faire face à la pénurie de médecins que connait le Maroc.




La décision du ministère est vivement contestée par les médecins qui ne voient pas l’urgence de confier aux infirmiers anesthésistes et réanimateurs une telle responsabilité.

Pour les spécialistes, l’article 6 de la loi 43-13 relative à l’exercice des professions infirmières, stipule que l’infirmier en anesthésie et réanimation accomplit des actes d’anesthésie ou de réanimation des patients, sous la responsabilité et la surveillance directes d’un médecin anesthésiste-réanimateur.

Un argument que rejette le ministre de la Santé en soulignant que cette loi « n’est toujours pas entrée en vigueur étant donné que ses décrets d’application ne sont pas encore publiés ».

Il appelle les infirmiers à accomplir leurs devoirs comme le stipule l’article 20 de la Constitution, qui indique que « le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit ».




Le ministre de la Santé reste convaincu que les infirmiers anesthésistes ont suffisamment de compétences, à la fois théoriques et pratiques, pour faire face à cette nouvelle responsabilité qui n’est que temporaire.

Du côté des infirmiers, cette mesure est plutôt bien accueillie, à en croire Abdelilah Asaissi, président de l’Association marocaine des infirmiers anesthésistes-réanimateurs (AMIAR).

Pour lui, cette décision du ministère de la Santé « rend justice aux infirmiers anesthésistes tout en reconnaissant leurs compétences et le rôle qu’ils assument dans le système de santé ».

Il ajoute que « les infirmiers ont tout le temps endossé cette tâche sans aucune couverture juridique face au manque de spécialistes dans les hôpitaux ».

Toutefois, il demande au ministère de la Santé de renforcer le niveau des infirmiers en organisant des formations continues.