Maroc-Espagne: jusqu’à 10 000 euros pour une traversée en jet-ski

MAROC-ESPAGNE: JUSQU’À 10 000 EUROS POUR UNE TRAVERSÉE EN JET-SKI

Près de 300 migrants ont traversé le détroit via un jet-ski (aussi appelé motomarine ou scooter des mers) pour entrer illégalement en Espagne depuis le Maroc. Un moyen beaucoup plus rapide, plus coûteux et efficace pour rejoindre les côtes espagnoles dans une zone pourtant sous grande surveillance marocaine.




Le phénomène a pris de l’ampleur cet été et inquiète la Garde civile.

Les jet skis transportant des migrants en provenance des côtes du Maroc ont afflué en masse vers celles de l’Andalousie et de Sebta.

À la date du 6 septembre, 288 personnes ont réussi à rejoindre l’Espagne sur 147 jet skis, selon les données du ministère espagnol de l’Intérieur.

Des chiffres qui ont doublé par rapport à l’année dernière où 124 migrants sont arrivés par jet ski, et proches des 142 arrivés en 2020, fait savoir Publico.

Jusqu’au 15 septembre, les arrivées de migrants dans la péninsule et les îles Baléares ont baissé de 27,8% par rapport à 2021 où un peu moins de 17 400 migrants sont arrivés et loin des près de 55 000 enregistrés en 2018.




Ces données mettent en évidence les mesures prises par le Maroc pour renforcer la sécurité sur sa côte nord, avec le soutien financier de l’Espagne et de l’Union européenne.

Depuis 2019, le détroit de Gibraltar est soumis à un contrôle renforcé côté marocain, ce qui a permis de baisser le flux de migrants.

« Les mafias de la traite des êtres humains se réinventent et les jet skis sont très lucratifs et ont un taux de réussite élevé », explique Pedro Carmona, le porte-parole de l’Association unifiée des gardes civils (AUGC) qui avait alerté en août sur la situation et demandé plus de moyens au ministère de l’Intérieur pour y faire face.

En jet-ski, la traversée dure 15 ou 20 minutes, pour un coût d’environ 6 000 euros, selon l’Association unifiée des gardes civils.




D’après d’autres sources policières, ce montant peut aller jusqu’à 10 000 euros.

Très rapides, les jet-skis (aussi appelés moto-marines ou scooters des mers) sont difficiles à arrêter par les patrouilleurs.

« Les jet-skis démarrent généralement en groupe, avec deux à trois migrants à bord. Le radar les détecte comme un seul navire et ils se dispersent ensuite. Il est impossible pour un patrouilleur de les intercepter tous à la fois », ajoute Carmona.

Mercredi, les agents du Service maritime de la Garde civile de Sebta ont sauvé en mer deux migrants marocains abandonnés par un jet ski.

Un mineur marocain a été aussi sauvé en mer vendredi après avoir été laissé à son sort par un jet-ski tombé en panne.