Maroc: la galère de la sécheresse et du stress hydrique

MAROC: LA GALÈRE DE LA SÉCHERESSE ET DU STRESS HYDRIQUE

Le stress hydrique conjugué à la sécheresse et aux conjonctions des différentes crises dans le monde (pandémique, financières, politiques, changement climatique et main d’homme) ajoutent au Royaume du Maroc sa peine.




Déjà et de longue date, le Maroc est soumis aux variations climatiques.

Depuis un an, comme pour amplifier cette peine, il subit un sévère déficit pluviométrique.

D’où une baisse stressante des réserves des barrages qui se vident à grande vitesse et de bien plus de 85% de leur niveau par rapport à la moyenne annuelle, selon les statistiques officielles.

Au Maroc, on est dans l’urgence face à ce déficit et donc, on agit en conséquence (mesures préventives ou carrément restrictives, réquisitions de camions-citernes pour abreuver en eau potable à plus de 2,7 millions de personnes dans les zones rurales, etc.).

C’est inquiétant !

La sécheresse a gagné en intensité cette année, une situation comme jamais auparavant depuis quatre décennies.

Et quand la pénurie d’eau vient y mettre du sien, on court vers une catastrophe si cela persiste et dans l’espace et dans le temps.

Ces phénomènes de rareté ont augmenté, en intensité, à cause du réchauffement climatique, s’ajoutant ainsi aux autres menaces que nous subissons déjà.

L’eau en devient, de ce fait, une ressource rare, voire même vitale.

D’eau potable sur les 3,5% dont elle « regorge » dans les glaciers et nappes phréatiques, 0,3% sont disponible pour l’espèce humaine.




Le reste de l’eau sur terre est constitué à 96,5% d’eau salée.

Selon un rapport de la Banque mondiale, 70% de l’eau douce est utilisée par l’agriculture, 22% par l’industrie et 8% par les particuliers et la demande en la matière est sans cesse croissante.

Cela s’explique par l’accélération de l’urbanisation, l’essor de la démographie mondiale et les besoins croissants en eau dans les secteurs précités.

Selon le World Resources Institute, d’ici 2040, la plupart des pays n’auront plus assez de ressources pour répondre à leur demande en eau.

D’ailleurs, un rapport du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts nous la confirme volontiers explique que « la sécheresse devrait s’intensifier progressivement au Maroc jusqu’en 2050 sous l’effet d’une baisse de la pluviométrie (-11%) et d’une augmentation des températures (+1,3°C) ».

Elle entraînera une « diminution de la disponibilité en eau d’irrigation de plus de 25% », prévoit même le ministère.

Le secteur agroalimentaire au Maroc, faut-il le rappeler, représente 21% du PIB et près de 39% de l’emploi (près d’un milliard d’euros).




Au Maroc, pour atteindre la nappe phréatique et trouver de l’eau, il faut creuser moyennement plus de 200 mètres sous terre.

Nos villes commencent à envisager le pire et dans certaines, on a même réduit des débits d’eau potable depuis le début du mois d’août.

L’Afrique, et plus précisément les pays du Maghreb, connaît un inquiétant stress hydrique à cause du réchauffement climatique.

À se fier à la définition de l’Organisation des Nations Unies (ONU), « un pays ou une région est en stress hydrique si on y prélève plus de 25% des ressources phréatiques ».

Dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (région MENA – Middle East and North Africa) et particulièrement au Maghreb, on prélève en moyenne plus de 80% de ces ressources.

C’est ce qu’on appelle un stress hydrique extrême.

On estime que d’ici 2030, 40% de la population mondiale sera impacté par la raréfaction d’eau et que la demande mondiale bondira de plus de 50%, ce qui est particulièrement alarmant.

Dans une étude publiée en octobre 2021, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) indiquait plus de 2 milliards de personnes vivaient dans des pays connaissant des stress hydriques, 3,6 milliards de personnes ne disposaient pas d’assainissement géré de manière sûre et 2,3 milliards manquaient d’eau pour l’hygiène de base.




Avec seulement 600 mètres cubes d’eau par habitant et par an, le Maroc se situe largement sous le seuil de la pénurie hydrique.

La disponibilité en eau était quatre fois supérieure et se mesurait à 2 600 m³, naguère dans les années 1960.

Mais ça, c’était avant et la population marocaine n’excédait pas le tiers de ce qu’elle est devenue aujourd’hui.

Et tant bien même que cela fait du bien, là où cela fait mal, la Banque mondiale accompagne le Royaume par un financement de projet d’un montant de 180 millions de dollars (163 millions d’euros) « afin d’appuyer une agriculture résiliente et durable au Maroc ».

Ce prêt a pour but de « renforcer la gouvernance des ressources hydriques dans le secteur agricole, améliorer la qualité des services d’irrigation et élargir l’accès des agriculteurs à des conseils techniques dans ce domaine », a précisé l’institution.

Mais ce financement est-il vraiment la solution et jusqu’à quand ?

Il est comme qui dirait, devenu « nécessaire de changer notre vision sur la question de l’eau. Le changement climatique est réel et nous devons nous y préparer avec force pour y faire face ».