France: de nombreux signataires pour la pétition «politique des visas: discriminations, injustice»

FRANCE : UNE CENTAINE D’ASSOCIATIONS SIGNE LA PÉTITION « LA POLITIQUE DES VISAS : DISCRIMINATIONS ET INJUSTICE »

Pour faire face aux restrictions « injustes » en matière de délivrance des visas français à l’égard du Maroc, de l’Algérie et la Tunisie, plus de 115 organisations, associations nord-africaines, associations civiques européennes, syndicats et partis politiques français, ont signé une pétition énoncée « La politique des visas : discriminations et injustice ».




En septembre dernier, Paris avait pris la décision de durcir les conditions d’obtention des visas pour ces trois pays africains, que ce soit pour études, affaires, tourisme ou autres raisons, et cela a été justifié par le « refus » de ces trois pays de rapatrier leurs ressortissants en situation irrégulière de France.

« C’est une décision drastique, c’est une décision inédite, mais c’est une décision rendue nécessaire par le fait que ces pays n’acceptent pas de reprendre des ressortissants que nous ne souhaitons pas et ne pouvons pas garder en France », avait justifié Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement français.

D’après la déclaration commune des signataires, le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et les autorités françaises, sous prétexte de lutter contre l’immigration irrégulière, ne pensent même plus au « caractère discriminatoire » qu’émane cette décision, qui « n’est rien d’autre qu’une punition collective, injuste », visant indistinctement la population exclue.

Ils l’ont ainsi qualifiée de malhonnête et d’inadmissible. Il s’agit surtout d’une violation fondamentale de l’égalité et du droit à la mobilité.




« Cette décision politique erronée ne résoudra rien sauf à caresser dans le sens du poil les thèses les plus extrémistes et xénophobes en France et celles des partisans d’une “Europe forteresse” », précise le communiqué partagé par les associations.

Aujourd’hui, les démarches d’obtention de visa deviennent un réel défi pour les demandeurs, mais prennent aussi toutes les formes d’« humiliation ».

Les refus ne cessent d’augmenter alors que les frais ne sont toujours pas remboursés, malgré la récente demande de la Fédération nationale des droits du consommateur du Maroc (FMDC), faisant appel direct à l’ambassade de France afin de procéder à l’indemnisation des personnes dont les demandes ont été rejetées.

L’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) a également interpellé à son tour l’ambassadrice de l’Union européenne (UE) au Maroc, ainsi que le chef de la mission et de la délégation de l’UE à Rabat, pour « traitement humiliant et dégradant » perpétré par les services consulaires des demandeurs de visa de presque la majorité des pays de l’Union européenne au Maroc.

Les consommateurs deviennent de plus en plus gênés et bloqués par cette situation sans fin.




Cette « sanction » avait aussi poussé d’autres intervenants à se manifester, tel était le cas de Fabrice Le Saché, vice-président et porte-parole du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), demandant à ce que la problématique soit réglée en urgence puisque les deux pays entretiennent une relation commerciale assez étendue et les homologues d’affaires marocains ne peuvent plus maintenant se mobiliser pour gérer et concrétiser leurs business.

De ce fait, Le Saché précise qu’« il n’y a pas de commerce sans circulation des personnes ».

Les associations signataires ont insisté pour finir leur déclaration par l’intermédiaire du communiqué que « nous demandons aux autorités françaises et aux pays européens de revenir sur ces mesures discriminatoires – nous, associations de migrants et de solidarité, qui avons depuis toujours combattu l’instauration du système des visas, et qui assistons aujourd’hui à une régression supplémentaire qui instaure des mesures discriminatoires insupportables ».

Il est à rappeler que vers la fin du mois d’août, les ministres de l’Intérieur français et tunisien, Gérald Darmanin et Ghazi Jribi, ont annoncé avoir mis fin à ces restrictions et la délivrance de visa français a été ainsi normalisée en Tunisie, mais par contre, aucune solution n’a toujours été proposée pour le reste.