France: le préfet de l’Hérault banalise le racisme d’État

POLÉMIQUE: EN STIGMATISANT LES SDF ALGÉRIENS ET MAROCAINS, LE PRÉFET DE L’HÉRAULT BANALISE LE RACISME D’ÉTAT EN FRANCE

Le préfet de l’Hérault, en France, s’est fendu d’un tweet sur son compte officiel dans lequel il stigmatise les SDF algériens et marocains. Une dangereuse banalisation du racisme d’Etat par les autorités françaises qui inquiète les associations de droits humains et d’aide aux migrants.




Depuis son arrivée à Montpellier en juillet 2021, Hugues Moutouh a fait de la sécurité et de lutte contre la délinquance ses chevaux de bataille. Mais jeudi après-midi, le préfet de l’Hérault a franchi une ligne rouge avant de faire marche arrière.

Sur son compte officiel Twitter, celui-ci s’est fendu d’un tweet doublé d’une publication sur Facebook, en guise de réaction à un article de Midi Libre, annonçant l’agression de plusieurs passagers d’un train TER en gare de Montpellier par un déséquilibré.






Profitant de cette actualité pour brandir l’habituelle association de l’insécurité à l’immigration, Hugues Moutouh a ainsi écrit: «je veux en finir avec la délinquance des SDF à Montpellier. Depuis le mois d’août, nous en avons arrêté 104, majoritairement des Algériens et des Marocains. Ils sont en grande partie responsables des vols et violences avec armes à Montpellier. Nous serons intraitables avec eux. J’ai donné instruction aux CRS qui patrouillent en ville de ne pas les lâcher. Ces personnes ne sont pas les bienvenues».

Une publication qui en a surpris et choqué plus d’un au vu de la banalisation du racisme qui y transparaît, la stigmatisation assumée d’étrangers dont on épingle la nationalité et une forme de harcèlement policier dont on fait la promotion.

Deux heures plus tard, le préfet effaçait sa publication… Un rétropédalage qui n’empêchera pas la polémique de naître et de grossir. Car de tels propos tenus par un représentant de l’Etat ont de quoi inquiéter, quand bien même ceux-ci s’inscrivent dans la droite lignée de la diabolisation des délinquants étrangers dont Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur français, s’est fait le chantre.




D’un côté, les associations de droits humains et d’aide aux migrants jugent ces propos «à la limite de l’indignité», rétorquant qu’il n’y a pas de délinquance spécifique aux personnes étrangères et sans domicile fixe. On craint également la «déshumanisation» de personnes choisies comme «boucs émissaires», que l’on «jette en pâture, comme si ces gens étaient le fléau principal», dénonce-t-on ainsi.

Mais de l’autre, du côté du Rassemblement national, on fait abstraction totale du droit de réserve imparti à un représentant de l’Etat, du fait de la fonction qu’il occupe, et on applaudit à tout rompre cette prise de position.






De Robert Ménard, maire de Béziers, qui apporte au préfet de l’Hérault un «soutien total», à Aurélien Lopez-Liguori, député RN de l’Hérault, qui invite à se montrer intraitable avec les étrangers qui «pourrissent la vie des Français».