(Vidéo) Ferhat Mehenni censuré sur CNEWS sur pression de l’Algérie

(VIDÉO) LE PRÉSIDENT DU MAK FERHAT MEHENNI CENSURÉ SUR LES ONDES DE CNEWS SUR ORDRE D’EMMANUEL MACRON

Le président du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, Ferhat Mehenni, devait être l’invité du JT du 20H30 de dimanche 2 octobre sur CNEWS, la chaîne d’information en continu appartenant au groupe Bolloré réputé très proche de l’Elysée.




Le président du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie s‘est présenté aux studios de la chaîne où il a été reçu par les journalistes qui ont annoncé en direct à 20 H 25 son passage sur l’antenne en tant qu’invité de la rédaction.

Quelques instants après, un responsable de la chaîne CNEWS débarque en trombe dans la salle d’attente et annonce au président Ferhat Mehenni l’annulation de son passage sur CNEWS.

Il informa également le journaliste Ivan Rioufol, chargé de faire l’interview et qui n’en revenait pas de l’inélégante ingérence dans la gestion de l’information.

«Qu’est-ce qu’il s’est passé?», est-il demandé à Ivan Roufiol.

«Je ne sais pas, on a le droit de ne rien dire», rétorque-t-il, visiblement embarrassé.

«C’est l’Elysée… L’Algérie a dû intervenir», répond calmement Ferhat Mehenni.

«Je t’ai annoncé depuis une semaine et la direction est au courant depuis une semaine», se justifie Ivan Roufiol.




«C’est vraiment invraisemblable, c’est la première fois que ça arrive», poursuit Ivan Roufiol à l’attention de Ferhat Mehenni, en glissant au passage penser que «(son) explication est la bonne, il y a dû y avoir une pression d’Alger».

C’est Yannick Bolloré en personne qui a pris le téléphone sur injonction d’Emmanuel Macron pour annuler l’interview de Ferhat Mehenni.

C’est le président Tebboune alerté par ses conseillers qui a appelé Emmanuel Macron le menaçant d’annuler la visite à Alger de la première ministre Elisabeth Borne.

Au programme de cette visite organisée quelques semaines après celle du président français en Algérie, il est en effet question d’approfondir la coopération bilatérale dans les domaines d’intérêt commun, à savoir une augmentation des livraisons de gaz algérien en direction de la France, en pleine crise énergétique alimentée par la guerre en Ukraine.




Soucieux de garder de bonnes relations avec Alger, Emanuel Macron n’a pas hésité à appeler Yannick Bolloré pour lui intimer l’ordre de « zapper » Ferhat Mehenni de la chaîne CNEWS.

On note le «deux poids, deux mesures» des autorités françaises dans leur comportement avec les indépendantistes…

Alors que la chaîne de télévision d’information en continu France 24 offre une tribune en toutes saisons aux séparatistes du Polisario, au nom du respect de la liberté d’expression, les autorités françaises censurent, de façon décomplexée, au plus haut niveau de l’Etat quand ils reçoivent les jérémiades des vieillards qui dirigent l’Algérie.

Une duplicité d’autant plus incompréhensible que France 24 est une chaîne du service audiovisuel public français, dont le gros du budget est assuré par le Quai d’Orsay.

Contrairement à Cnews, une chaîne aux capitaux privés.




Rappelons que le fondateur et le président du MAK est refugié́ en France depuis deux décennies. Un mouvement qui deviendra en 2013, le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie qui admet le pacifisme comme le fondement essentiel de ses valeurs. En juin 2010, Ferhat Mehenni était devenu le président du Gouvernement provisoire kabyle (Anavad), organe exécutif établi en exil et autoproclamé.

Depuis, il mène au niveau international le combat pour le droit du peuple kabyle à disposer de son destin dans l’optique d’obtenir un référendum d’autodétermination sous l’égide des instances onusiennes. En 2013, il est lauréat du Prix Gusi de la Paix pour sa «contribution significative au maintien de la paix dans le domaine des droits politiques».

En avril 2021, le MAK, considéré comme illégal en Algérie, avait été accusé sans aucune preuve par le pouvoir algérien de projeter des attentats contre les marches du mouvement prodémocratie du Hirak, avant de le classer comme «organisation terroriste», ainsi qu’un mouvement islamo-conservateur, Rachad, également basé à l’étranger, plus précisément à Londres.

D’ailleurs, Rabat plaide pour le droit des Kabyles à l’autodétermination. «Le peuple kabyle a subi trois colonisations : ottomane, puis française et maintenant algérienne», avait martelé le représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, l’ambassadeur Omar Hilale lors de la réunion du Comité des 24 de l’ONU, organisée du 11 au 13 mai en République de Sainte Lucie.