Maroc: 3,2 millions de personnes ont basculé dans la pauvreté ou la vulnérabilité

MAROC: 3,2 MILLIONS DE PERSONNES ONT BASCULÉ DANS LA PAUVRETÉ OU LA VULNÉRABILITÉ

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP*) révèle dans une note publiée, mercredi, qu’environ 3,2 millions de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté (1,15 million) ou dans la vulnérabilité (2,05 millions) sous les effets combinés de la crise sanitaire liée à la Covid-19 et de l’inflation.

*Le Haut-Commissariat au plan est l’organisme chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Royaume du Maroc. Créé en 2003 sous le règne de Mohammed VI, il a remplacé le ministère du Plan et des Prévisions économiques.




Près de 45% de cette détérioration de la pauvreté et de la vulnérabilité est due à l’effet de la pandémie et 55% à l’effet de la hausse des prix à la consommation, précise le Haut-Commissariat au Plan dans cette note consacrée à l’évolution des inégalités sociales dans un contexte marqué par les effets de la Covid-19 et de la hausse des prix.

Le Haut-Commissariat au Plan déplore ainsi que près de sept ans de progrès vers l’élimination de la pauvreté et de la vulnérabilité ont été perdues.

En 2022, le Maroc se retrouve avec le niveau de la pauvreté et de la vulnérabilité de 2014.

Les effets combinés auraient entrainé une baisse du niveau de vie par personne, en termes réels, de 7,2% au niveau national, entre 2019 et 2022, passant de 20 400 dirhams à 18 940 dirhams, de 6,6% à 23 000 dirhams en milieu urbain et de 8,9% à 11 650 dirhams en milieu rural.




Par catégorie sociale, le niveau de vie par personne aurait baissé de 8% pour les ménages les moins aisés entre 2019 et 2022, passant de 7 000 dirhams à 6 440 dirhams, de 6,6% à 14 700 dirhams pour les ménages intermédiaires et de 7,5% à 44 200 dirhams pour les ménages les plus aisés.

Dans ces conditions, les dépenses alimentaires auraient reculé de 11% à 6 640 dirhams par personne au niveau national en 2022, de 10,1% à 7 380 dirhams en milieu urbain et de 12,9% à 5 320 dirhams en milieu rural.

Cette baisse des dépenses alimentaires est nettement différenciée selon le niveau de vie des ménages, elle est de 13,5% pour les ménages les moins aisés, de 12,9% pour les ménages intermédiaires et de 6,9% pour les ménages aisés.

Afin de mieux appréhender l’évolution de la situation des ménages, cette étude se réfère aux structures des dépenses des ménages de l’enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages 2013/2014.




Cette étude se réfère également aux données issues de l’enquête mensuelle sur les prix à la consommation, de l’enquête nationale sur les sources de revenu 2019 et du troisième panel sur les répercussions de la pandémie sur la situation socioéconomique des ménages 2021/2022.

Cette évolution a été fournie par l’enquête panel du 3ème passage.

Réalisée auprès d’un échantillon de 12 000 ménages, du 11 octobre 2021 au 10 février 2022, cette enquête consiste à appréhender les effets de la pandémie de la Covid-19 sur les conditions de vie de la population.

Quant à l’effet de l’inflation sur les inégalités sociales, il consiste à évaluer l’indice des prix à la consommation (IPC) par catégorie de ménages et son impact sur le niveau et la structure des dépenses de son panier de consommation.