L’Algérie à l’origine de l’offre du Polisario de réparer leurs victimes

L’ALGÉRIE À L’ORIGINE DE L’OFFRE DU POLISARIO DE RÉPARER LEURS VICTIMES

La proposition du groupe séparatiste armé qui se fait appeler « polisario » de réparer les victimes de violations est «une initiative algérienne», affirme dans des déclarations, Mohamed Val El Ghadi Ekkah, président de l’Association Mémoire et Justice, qui réunit sous sa bannière les victimes mauritaniennes du « polisario ».




Il n’y a pas que les Sahraouis qui sont victimes de violations commises par les milices du groupe séparatiste armé qui se fait appeler « polisario ».

Des dizaines de Mauritaniens ont subis aussi les mêmes exactions.

«Nous les estimons à environ 240 personnes», a déclaré Mohamed Val El Ghadi Ekkah, président de l’Association Mémoire et Justice, créée en 2008 à Nouakchott.

«Dès la constitution de notre ONG, nous avons tenté de régler ce dossier à l’amiable avec le Front Polisario. La première tentative remonte à 2010, avec la médiation non-concluante de feu M’Hamed Khadad (coordinateur du Polisario avec la MINURSO et d’origine mauritanienne). Ensuite, j’ai rencontré, en 2011 à Tifariti, Mohamed Abdelaziz, alors secrétaire général du Front.

Mohamed Abdelaziz m’avait promis de réparer les victimes, mais sans résultat. Ses conseillers militaires l’avaient dissuadé d’honorer sa promesse, sous prétexte que notre associations est à la solde des services de renseignements du Maroc», ajoute le président de l’Association Mémoire et Justice Mohamed Val El Ghadi Ekkah.




En 1982, rappelle Mohamed Val El Ghadi Ekkah, la direction du Polisario avait annoncé le démantèlement d’un réseau d’espionnage, composé de jeunes mauritaniens qui avaient rejoint les rangs du Polisario, dans le sillage de la signature, en août 1979 à Alger, d’un accord de paix avec le Front.

Un accord suite au retrait, la même année, du régime de Nouakchott des Accords tripartites de Madrid de 1976.

Depuis l’échec de la tentative avec Mohamed Abdelaziz, l’Association Mémoire et Justice avait porté l’affaire devant un tribunal mauritanien. Un pas symbolique.

«Saisir l’ONU n’était pas aussi facile, sachant que l’Algérie n’avait pas encore ratifié par exemple la Convention internationale contre les disparitions forcées en temps de guerre et de paix. Il y a seulement une année qu’Alger a franchi ce pas. La pandémie du Covid-19 a également limité notre action», explique Mohamed Val El Ghadi Ekkah.

Le président de l’Association Mémoire et Justice, Mohamed Val El Ghadi Ekkah, est convaincu que la proposition du Polisario de réparer les victimes de violations, qu’elles soient originaires du Sahara ou de la Mauritanie, répond à un agenda algérien.




«L’Algérie souhaite ainsi barrer la route aux victimes ou à leurs familles de porter leurs dossiers devant l’Organisation des Nations unies ou de saisir des tribunaux européens pour réclamer justice, et a décidé de lancer ce processus de réparation. En témoigne la présence, le 12 octobre dans les camps de Tindouf, soit le jour même de l’annonce par le Polisario de son offre de réconciliation, du président du Conseil algérien des droits de l’Homme.»

Pour Mohamed Val El Ghadi Ekkah, la présence du responsable algérien à Tindouf est «loin d’être une coïncidence».

«C’est l’Algérie qui doit payer la facture de la réparation des victimes», tranche le président de l’ONG Mémoire et Justice.

Pour rappel, le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, basé à Genève, avait épinglé l’Algérie en juin 2022, pour sa responsabilité dans les actes de torture et les mauvais traitements qu’a subis en 2014, par les milices du Polisario, sur le territoire algérien, M’Rabih Ahmed Mahmoud, un opposant qui vit actuellement au Royaume du Maroc.