Sommet arabe à Alger: l’Algérie aggrave son isolement à l’international

SOMMET ARABE À ALGER: L’ALGÉRIE AGGRAVE SON ISOLEMENT À L’INTERNATIONAL

UN FIASCO DIPLOLATIQUE ALGÉRIEN…

Les travaux du 31ème Sommet de la Ligue arabe s’ouvrent ce mardi à Alger après une pause de trois ans. Cette réunion devait être celle des retrouvailles et de l’unité, mais tout prête à croire que cela ne sera pas le cas.




Les divergences ont surgi dès les premiers moments, lors de la réunion préparatoire au niveau des ministres des Affaires étrangères.

En effet, l’Algérie, servant comme à l’accoutumée son propre agenda, a tenté d’imposer la réadmission de la Syrie de Bachar Al Asad et s’est opposée à toute condamnation de l’Iran pour son ingérence dans les affaires des États arabes.

Dans ce que la presse internationale appelle ironiquement « le sommet  »algérien » du monde arabe », le régime d’Alger a tout fait pour torpiller le slogan qu’il avait lui-même choisi et clamé des mois durant, à savoir « l’unification des rangs arabes ».

Mais en réalité, cette réunion s’ouvre sur fond de divisions persistantes, et ce n’est pas l’Algérie, dont la propension à créer et nourrir les conflits est connue de tous, qui risque d’arranger les choses ou de servir de « terre de réconciliation ».

Conscients que les dés sont jetés, et que les signes d’un fiasco total sont très vite apparus, des chefs d’Etat, et non des moindres (la presque totalité des dirigeants du CCG pour ne citer qu’eux), ont choisi de « se faire représenter ».




Le Sommet de la Ligue arabe n’en sera donc pas un, et ne réunira au final que des ministres et quelques chefs d’États « peu influents ».

La liste comprend, entre autres, le Prince héritier d’Arabie Saoudite, le Sultan d’Oman, le Roi de Bahreïn et le Roi de Jordanie, l’Émir du Koweït, le président libanais démissionnaire, Michel Aoun.

Autre absence de taille, le Roi Mohammed VI ne fera pas non plus le déplacement, comme indiqué par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, qui a confirmé que le Souverain ne participera pas au Sommet arabe des 1er et 2 novembre en Algérie, « pour des considérations régionales ».

Le Roi Mohammed VI a, toutefois, donné des instructions à la délégation marocaine pour qu’elle travaille au Sommet arabe de « manière constructive », malgré son absence, a précisé le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita.

« Les absents ont toujours tort », dit l’adage.

Mais ce n’est souvent pas le cas. Ceux qui ont choisi de ne pas aller à Alger ont parfaitement conscience que « l’action arabe commune ne se réduit pas au Sommet arabe », surtout quand celui-ci a des desseins non avoués.




Nul n’ignore, en effet, que ce 31ème Sommet de la Ligue arabe qu’Alger a tout fait pour organiser, plutôt que de servir les différentes causes arabes, devait favoriser un retour de la « diplomatie algérienne », quasi absente de la scène arabe depuis l’AVC de feu Abdelaziz Bouteflika en 2013.

Le Président de la « République militaire » algérienne Abdelmajid Tebboune, en mal de reconnaissance à l’interne comme à l’externe, voulait opérer un come-back d’un appareil diplomatique algérien paralysé depuis une décennie.

Abdelmajid Tebboune, et derrière lui la caserne aux commandes, voulaient en faire une vitrine pour tromper le peuple algérien, titiller son orgueil, mais surtout faire oublier les immenses manifestations de contestation (Hirak) de 2019 et 2020.

Mais lâchée par les poids lourds de la scène arabe, l’Algérie a plutôt aggravé son isolement à l’international.