Drame de Melilla: une enquête de la BBC accuse l’Espagne

DRAME DE MELILLA : UNE ENQUÊTE DE LA BBC ACCUSE L’ESPAGNE

Le radiodiffuseur britannique de service public BBC révèle dans un documentaire publié le 1ᵉʳ novembre la responsabilité de l’Espagne dans le drame de Melilla qui avait causé la mort de plus de 20 migrants subsahariens (soudanais pour la plupart) le 24 juin.




Le documentaire de la BBC estime que les forces marocaines ont coopéré avec les forces espagnoles dans le cadre de cette action contre les migrants, soulignant que les deux forces seraient en réalité responsables des violences et des morts enregistrées, rapporte La Dépêche. La BBC évoque des « tirs de balle en caoutchouc à bout portant » de la part des forces espagnoles, montrant dans une vidéo « au moins un mort sur le sol de l’entrée » du poste-frontière de Melilla sous contrôle espagnol ainsi que « d’autres corps sans vie sortis de là par les forces de sécurité marocaines ». Dans une autre vidéo publiée dans le documentaire, on voit plusieurs migrants, blessés ou mourants, allongés au sol, sous la surveillance des forces marocaines qui auraient réussi à repousser 450 migrants et « frappé des migrants jusqu’à les faire s’évanouir », sans aucune réaction des gardes-frontières espagnols.




Des révélations qui contredisent les positions officielles espagnoles et soulèvent de fait une vive polémique, d’autant que Pedro Sanchez avait assuré en septembre que les migrants avaient été tués sur le territoire marocain. L’unanimité n’est pas aussi faite sur le nombre de morts. Le Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies en a dénombré 37 tandis que l’Association marocaine des droits humains, 27. Dans son documentaire, la British Broadcasting Corporation (BBC) évoque quant à elle 24 morts et 77 disparus, et accuse l’Espagne de ne pas révéler des vidéos « cruciales » de caméras de surveillances intentionnellement pour ralentir l’enquête.




« Ce reportage est un coup très dur pour la version officielle des faits », a déclaré Jaume Asens, président du groupe parlementaire espagnol Podemos. « Il faut aller jusqu’au bout et notre première exigence est le visionnage de ces images, ici au sein de la Chambre des députés, et la comparution urgente du ministre [de l’Intérieur] », a insisté Cuca Gamarra du Parti Populaire, le principal parti d’opposition espagnol. Dans un communiqué daté du 2 novembre, le ministère de l’Intérieur espagnol a jugé « décevant et surprenant que des accusations d’une telle gravité soient formulées sans aucune preuve », réaffirmant que les gardes espagnols avaient agi « de manière proportionnée et conforme à la loi ».