Polygamie: le Maroc veut en finir avec le contournement de la loi

POLYGAMIE : LE MAROC VEUT EN FINIR AVEC LE CONTOURNEMENT DE LA LOI

Le Maroc veut durcir la procédure d’octroi de l’autorisation de polygamie, afin de contrecarrer les projets des hommes qui continuent de ruser pour avoir une deuxième femme. Une plateforme sera bientôt lancée dans ce sens.




Le ministre de la Justice veut sonner le glas des pratiques frauduleuses.

Lors de la discussion du budget sectoriel de son ministère devant la commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme à la Chambre des représentants, Abdellatif Ouahbi a indiqué que de nouvelles restrictions seraient imposées dans la procédure d’octroi de l’autorisation de polygamie, après la numérisation de la situation familiale des citoyens, rapporte le quotidien arabophone Al Ahdath Al Maghribia.

Cette numérisation passera par le lancement fin décembre prochain d’une plateforme digitale.

Cette dernière permettra de suivre, avec précision, les cas des mariages et des divorces à partir de la date de la demande d’autorisation de polygamie jusqu’au décès de l’intéressé, afin d’éviter toute pratique frauduleuse d’une part, et de lutter contre le phénomène du contournement de la loi et de protéger les droits des enfants et des femmes, d’autre part.




« Parfois, on découvre après le décès du mari qu’il était marié à plusieurs femmes sans qu’elles n’en soient au courant. C’est pour éviter de telles situations qui portent atteinte aux ayants droit que l’on a décidé de durcir les conditions d’octroi de l’autorisation de remariage quand l’intéressé en fait la demande pour la deuxième fois », a indiqué le ministre de la Justice.

Abdellatif Ouahbi a souligné que « l’octroi de l’autorisation de polygamie ne serait valable qu’une seule fois, car si le demandeur en réclame une autre, il devra reprendre le processus depuis le début ».

« Il devra donc se représenter devant le juge qui le soumettra à une procédure spéciale pour connaître les raisons de sa demande et savoir s’il est marié ou divorcé. Cette restriction vise à mettre fin au phénomène de l’utilisation frauduleuse de l’autorisation de polygamie ».