Le Maroc lance son industrie de l’armement

MAROC : LE LANCEMENT DE L’INDUSTRIE DE L’ARMEMENT ANNONCÉ PAR LE MINISTRE DÉLÉGUÉ À L’ADMINISTRATION DE LA DÉFENSE NATIONALE

C’est désormais officiel, une industrie marocaine de l’armement verra prochainement le jour. Le programme vient d’être dévoilé par le ministre délégué à l’Administration de la Défense Nationale, Abdellatif Loudiyi, à la Chambre des représentants.




Après avoir mis en place, fin juillet 2021, le cadre juridique à l’émergence d’une industrie locale d’armement, le Maroc prévoit d’entrer dans le club des fabricants d’armes.

Une annonce faite, hier, par le ministre délégué à l’Administration de la Défense Nationale, Abdellatif Loudiyi, lors de l’examen du projet du budget 2023 de son département par la Commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants.

Devant les députés, il a souligné que la loi n°10-20 relative aux matériels et équipements de défense et de sécurité, aux armes et aux munitions, a pour objectif de «renforcer l’indépendance progressive du royaume» en matière d’armement et «la création de postes d’emploi».

Dans un premier temps, le Maroc vise l’instauration «d’une industrie des armes et des munitions», «la fabrication de drones, capables de mener des opérations de renseignements, de surveillance et des attaques armées» et la «maintenance des avions militaires».




Sur ce dernier volet, le Maroc a scellé récemment un partenariat avec le groupe aérospatial belge Orizio pour la création d’un centre de maintenance d’avions militaires à l’aéroport de Benslimane. Quant à la construction de drones au royaume, ce point était inscrit dans le protocole d’accord militaire conclu, le 24 novembre 2021 à Rabat, entre le Maroc et Israël.

«Nous venons de signer un accord de coopération militaire – avec tout ce que cela implique – avec le Maroc. Il s’agit d’un événement très important qui nous permettra d’entrer dans des projets communs et d’autoriser les exportations [de défense] israéliennes ici. Je pense que les liens entre le Maroc et Israël doivent continuer à se resserrer, à se développer et à s’étendre», avait précisé le ministre israélien de la Défense Benny Gantz, lors de son voyage à Rabat.

Vingt-quatre heures après cette signature, une source sécuritaire marocaine avait révélé, dans des déclarations, «le lancement prochain de deux unités industrielles de fabrication d’avions sans pilotes».




En septembre dernier, le média Infodrones annonçait que les Forces armées royales (FAR) ont commandé à l’entreprise israélienne Blue Bird 150 drones de type WanderB et ThunderB, dont une partie sera construite au Royaume du Maroc.

Pour rappel, le ministre délégué à l’Administration de défense nationale, Abdellatif Loudiyi, avait clairement revendiqué, en novembre 2019 devant les députés, «l’ambition du Maroc à développer la maintenance des équipements militaires en imposant, dans la mesure du possible, à ses fournisseurs de s’engager à transférer la technologie de maintenance des équipements acquis par les services des Forces armées royales».

Dans une étude datant de 2015, le cabinet américain Frost & Sullivan avait classé le Royaume du Maroc parmi les pays candidats à l’émergence d’une industrie militaire dans les dix années à venir. La normalisation des relations avec Israël, en décembre 2020, a permis l’accélération de ce processus.