Voici pourquoi l’écrivain islamophobe Michel Houellebecq a annulé sa venue au Maroc

SUR LES CONSEILS DES AUTORITÉS FRANÇAISES, L’ÉCRIVAIN MICHEL HOUELLEBECQ ANNULE SA VENUE AU MAROC

Célèbre écrivain français, Michel Houellebecq, qui devait animer deux conférences, ces 13 et 14 novembre à Casablanca et à Rabat, chez Livremoi, a décidé d’annuler sa venue à la dernière minute, après que les autorités françaises lui ont déconseillé de se rendre au Maroc. Du côté des lecteurs de l’écrivain, c’est la déception.

Michel Houellebecq demeure toujours parmi les auteurs français contemporains les plus lus. Il est l’auteur de plusieurs livres dont Les particules élémentaires (1998), La possibilité d’une île (2013), Sérotonine (2019), Anéantir (2022) et Soumission (2015). D’ailleurs, ce dernier est un pamphlet islamophobe qui a repris et alimenté la thèse d’extrême-droite du «Grand remplacement».




L’auteur des Particules élémentaires (1998) et plus récemment d’Anéantir (2022), devait animer à Casablanca, puis le lendemain à Rabat, une conférence, modérée par le journaliste Abdellah Tourabi, dans deux librairies de l’enseigne Livremoi.

Pour la première conférence, qui devait avoir lieu en ce dimanche 13 novembre à 17 heures, la librairie casablancaise annonçait déjà la couleur. «Il vaut mieux que vous veniez une bonne heure à l’avance, si pas plus», conseillait-on, il y a quelques jours.

C’est dire à quel point l’évènement était attendu, et pour cause, Michel Houellebecq, en plus d’être célèbre et controversé, ne s’exprime que très rarement en public.

Le fait qu’il décide de le faire au Maroc, un pays où il aime d’ailleurs à se rendre, et qu’il cite souvent dans ses livres, était un évènement très attendu qui augurait d’un débat passionné et passionnant.

Mais à la veille de l’évènement, samedi 12 novembre, surprise: «la conférence est annulée», a annoncé la librairie casablancaise.

Pourquoi? «Les autorités françaises ont déconseillé à l’auteur de se rendre au Maroc», explique-t-on, sans vouloir en dire davantage. La déception est grande parmi les nombreux inconditionnels au Maroc de l’écrivain français.




Cela peut surprendre les (tout aussi nombreux) détracteurs de Michel Houellebecq, qui l’accusent notamment d’islamophobie (à juste titre), l’homme ne s’en cachant pas.

Il n’y a pourtant eu aucune levée de boucliers à la nouvelle de la présence de l’écrivain à une conférence au Maroc. Pas plus qu’il n’y a eu d’appels à annuler cette rencontre, dans les réseaux sociaux.

Pas même d’articles à charge dans les médias. D’où l’étonnement des lecteurs, qui attendaient de pied ferme cette rencontre avec leur auteur préféré.

«Michel Houellebecq est l’un des écrivains occidentaux, en vie, les plus importants au monde. J’ai lu absolument tous ses livres», témoigne un Marocain, fan inconditionnel de l’écrivain français, très déçu par cette annulation.

«Certes son roman Soumission a fait le lit de l’extrême-droite, d’autant qu’il a été publié la veille des attentats de Charlie Hebdo, mais cela reste une fiction et les qualités littéraires de ce livre devraient pousser à le considérer pour ce qu’il est, c’est à dire un roman», argumente-t-il.

Pour ce lecteur, comme pour d’autres qui partagent un point de vue identique, le roman a ses spécificités et ses leviers qui n’appartiennent pas à la vie réelle.




Et pour ce lecteur, «la véritable obsession de Houellebecq n’est pas l’islam, mais le déclin de l’homme occidental.

Quand on lit bien ses romans, il envie l’organisation sociale des musulmans, qui prennent soin des personnes âgées, contrairement aux sociétés occidentales qui les jettent dans des mouroirs», analyse-t-il.

La décision des autorités françaises de déconseiller à Michel Houellebecq de se rendre au Maroc est, à vrai dire, étonnante. Car qu’on l’aime, ou non, en fait, peu importe. Là n’est pas la question.

En émettant cet avis, le Quai d’Orsay cherche vraisemblablement à minimiser la vigilance et l’efficacité des forces sécuritaires marocaines, qui n’auraient de toutes façons badiné en aucune manière avec la sécurité de l’écrivain.

Ce qui est encore plus désolant, c’est l’idée préconçue qui transparaît en filigrane de cette décision, selon laquelle un débat serein n’aurait pu être possible entre Houellebecq et son public casablancais et r’bati.

Un peu comme si les lecteurs marocains ne savent pas faire la différence entre fiction et réalité, entre un roman et la vraie vie, entre la position du narrateur et celle de l’auteur. Comme si, aussi, des Marocains sont incapables de débattre, dès lors qu’on n’épouse pas leurs convictions. Que dire?