Crise sanitaire: des parlementaires refusent de renoncer à leurs «avantages»

Crise sanitaire: des parlementaires refusent de renoncer à leurs «avantages»




Malgré leur confinement à domicile, plusieurs parlementaires ont catégoriquement refusé de renoncer aux primes de gasoil et autres faveurs qui leur sont octroyées mensuellement. En ces temps de coronavirus, cela sonne comme de l’égoïsme et de l’irresponsabilité. Alors que l’argent public est actuellement mobilisé, au Maroc, dans la lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19, certains honorables représentants de la nation, issus des deux Chambres du Parlement, tiennent mordicus à préserver tous les avantages dus à leur fonction.




Bien que confinés chez eux dans leur écrasante majorité, suite à l’état d’urgence sanitaire, ces parlementaires exigent de se faire verser les frais de carburant, rapporte Assabah dans son édition du lundi 13 avril. Le quotidien précise que ce sont les chefs des différents groupes parlementaires qui se sont chargés d’expliquer à leurs collègues que les conditions spéciales que vit le pays exigent d’eux qu’ils fassent l’effort de renoncer provisoirement à certains avantages. En effet, il était prévu que tous les parlementaires versent les surplus qu’ils percevaient au Fonds spécial dédié à la lutte contre le coronavirus, et ce pendant trois mois d’affilée, en plus d’un mois de salaire.




Un sacrifice d’autant plus aisé que, durant la session de printemps du Parlement qui vient de s’ouvrir et jusqu’à nouvel ordre, le président de la Chambre des députés a réduit le nombre de présents au niveau de l’hémicycle à 3 députés seulement par groupe parlementaire. Cela signifie que les frais de gasoil, chambres d’hôtel, restauration, se trouvent automatiquement indus. S’y ajoutent les frais afférents aux journées d’études régulièrement organisées par les députés ou aux voyages à l’étranger, activités actuellement suspendues à cause de l’interdiction de réunions de masse et l’absence de liaisons aériennes avec le reste du monde.




Assabah ajoute que le débat sur le coût élevé du Parlement, où on débarque non pas pour défendre les intérêts du peuple mais pour s’enrichir, est à nouveau relancé. Ainsi, un spécialiste en affaires parlementaires, Hamid El Abkari, préconise aujourd’hui de réduire drastiquement, sans toucher à la Constitution elle-même, le nombre de parlementaires dans les deux Chambres et de diviser par deux toutes les primes qui leur sont versées. Les caisses de l’État ne s’en porteront que mieux.




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