Pour le ministre de la Santé, le Maroc n’est pas prêt pour le déconfinement

Pour le ministre de la Santé, la propagation du virus ne s’est pas encore stabilisée, malgré les efforts déployés pour contenir la pandémie. La situation reste critique et ne justifie pas la levée du confinement sanitaire.




La situation actuelle de l’évolution de la pandémie du Covid-19 au Maroc n’a rien de réconfortant. Le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb, qui vient de faire une sortie télévisée, ne cache pas ses craintes quant à l’évolution de la propagation de ce virus.

D’après le ministre, il est à craindre de voir le pays tomber dans une régression et le virus se propager trop rapidement pour que notre système de santé puisse suivre son évolution. Certes, souligne le ministre, pour le moment, le Maroc arrive à maîtriser l’évolution de la pandémie, mais cela ne justifie pas la levée du confinement sanitaire.

Pour Khalid Ait Taleb, une série de conditions doit être réunie pour cela. Pour éviter un retour en arrière dans le combat contre la pandémie du Covid-19, il faut d’abord que la situation épidémiologique se stabilise. Or, ce n’est pas le cas, puisque l’on continue d’enregistrer 150 à 200 nouveaux cas chaque jour.




De même, de nouveaux foyers continuent d’apparaître un peu partout. Même les jeunes sont affectés. En fait, explique le ministre, trois conditions sont à remplir pour amorcer le déconfinement: la stabilité de la situation épidémiologique, la tendance à la baisse des nouveaux cas de contamination et l’inflexion de l’indicateur de propagation du virus (R0) sous la valeur de 1.

Une fois la situation épidémiologique stabilisée et l’indice de propagation du virus en retrait, on pourra songer à lever l’état d’urgence sanitaire. Cela dit, malgré les mesures préventives adoptées, quelques développements suscitent bien des interrogations, notamment l’apparition de foyers épidémiques dans les milieux industriels ou familiaux.

Le ministre a également parlé de cas d’infection observés chez des jeunes, dont certains se trouvent dans un état critique. Un constat qui nécessite de redoubler de vigilance à l’avenir.




En effet, la moyenne d’âge des personnes atteintes a baissé à 35 ans au lieu de 47 ans au début de la pandémie. Et c’est inquiétant. C’est incontestable, le Maroc a pu éviter le pire grâce aux mesures proactives qui ont été mises en place à temps.

Mais, de là à décider de la levée du confinement sanitaire. En effet, cette décision n’est pas exempte de risques. Dans le contexte actuel, souligne le ministre cité par Al Massae, on ne peut pas dire que nous sommes à l’abri, en dépit des mesures prises. C’est pour cela, insiste-t-il, que toute précipitation ou démarche non calculée risque de nous coûter cher.

Ainsi, une telle décision implique une lourde responsabilité que tout le monde aura à assumer. Il faudrait commencer par consolider les acquis, afin de réunir les conditions d’un déconfinement graduel. Et ce, bien évidemment, dans le respect des mesures de prévention.




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