Ryanair compte reprendre 40% de ses vols en juillet, avec masques et prises de température

La compagnie aérienne Ryanair compte reprendre 40% de ses vols à partir de juillet grâce à la mise en place de mesures sanitaires comme le port de masques et des prises de température, mais sans imposer la distanciation sociale.




Le transporteur à bas coût irlandais dit mardi vouloir assurer 1.000 vols par jour vers 90% des destinations desservies avant la crise sanitaire.

Il explique dans un communiqué que ce plan est conditionné à la levée par les gouvernements des restrictions sur les vols intra-européens et à la mise en place de mesures sanitaires dans les aéroports.

La compagnie annonce justement une série de décisions visant à assurer la sécurité sanitaire de ses passagers et de son personnel.

Ryanair effectuera des contrôles de température à l’entrée des aéroports, exigera le port du masque avant et pendant le vol et recommandera l’enregistrement en ligne, le téléchargement de la carte d’embarquement sur mobile ou encore de privilégier les bagages en cabine.




La compagnie dit s’inspirer de l’Asie où, selon elle, les prises de température et les masques ont fait leur preuve pour les vols courts.

En revanche, la distanciation sociale à l’aéroport ou à bord sera simplement “encouragée quand c’est possible”, précise le transporteur.

Le mois dernier, Michael O’Leary, le tonitruant patron de la compagnie “low cost”, avait expliqué les vols ne seraient pas rentables s’il fallait laisser le siège du milieu vacant.

La distanciation à bord n’est pas du goût du secteur, surtout des transporteurs à bas coût. Selon la fédération des compagnies aériennes, elle pourrait faire grimper les prix des billets de plus de 50%.




Chez Ryanair, les services à bord seront en outre revus avec des achats de boissons et de snacks seulement par carte bancaire, tandis qu’il sera interdit de faire la queue pour les toilettes.

“Après quatre mois, il est temps que l’Europe vole à nouveau de manière à pouvoir nous réunir entre amis ou en famille, à permettre aux gens de retourner au travail et de relancer le secteur touristique, qui fournit des millions d’emplois”, souligne Eddie Wison, directeur général de la compagnie.

Peu de transporteurs en Europe osent toutefois être aussi précis sur la reprise, même partielle, des vols. Air France table sur un retour progressif mais pas chiffré à ce stade.

Le groupe Air France-KLM prévoit encore un effondrement de son trafic de 95% pour le deuxième trimestre et de 80% au troisième.




“Peut-être que Ryanair sait quelque chose de plus que nous, mais son intention de reprendre les vols au 1er juillet nous parait optimiste”, remarque William Ryder, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Pour le transport aérien, une reprise du trafic est vitale, qui plus est lors de la saison estivale, puisque l’absence de toute activité depuis des mois fait fondre à toute vitesse la trésorerie des compagnies et menace leur existence.

Ryanair, qui n’assure plus que quelques vols par jour depuis mi-mars, avait annoncé début mai la suppression de 3.000 emplois, condition pour “survivre” au coronavirus.

La plupart de ses concurrentes au Royaume-Uni ont également annoncé des milliers de licenciements, à l’instar de British Airways et Virgin Atlantic.




La compagnie irlandaise avait alors prévenu qu’un retour la normale, c’est-à-dire un programme de vols similaire à ce qui prévalait avant la pandémie, ne serait pas envisageable avant l’été 2022. British Airways table sur un horizon encore plus lointain.

Le secteur aérien britannique s’inquiète en outre de la décision du gouvernement d’imposer une période de quarantaine de 14 jours à partir du 13 mai pour les voyageurs arrivant par avion au Royaume-Uni.

“Ce qui est inefficace c’est ce genre de mesures idiotes comme la quarantaine de 14 jours, qui n’a aucun fondement scientifique (pour limiter la propagation du virus), surtout quand sont exemptés les Français et les Irlandais”, s’est emporté mardi Michael O’Leary, interrogé sur la chaîne de télévision ITV.

L’Espagne envisage toutefois une mesure similaire. Mais le patron de Ryanair insiste sur le fait que le pic de la pandémie est passé et que les gens sont d’après lui prêts à voyager à nouveau.




À lire aussi: