Cette année, le Maroc pourrait perdre jusqu’à 10 millions de touristes

Cette année, le Royaume du Maroc pourrait perdre jusqu’à 10 millions de touristes




Le secteur touristique n’a pas le moral au beau fixe. Malgré les efforts consentis jusqu’ici, la reprise n’est toujours pas au rendez-vous et certaines études tablent même sur une perte de 10 millions de touristes cette année.




Alors que la saison estivale devait plus ou moins atténuer les effets de la crise Covid-19, les touristes internes ne sont pas au rendez-vous dans les hôtels, surtout dans le segment balnéaire, en ce mois de juillet. La conjoncture actuelle, encore marquée par l’état d’urgence et autres, pénalise la reprise de l’activité touristique.

Selon Zoubir Bouhout, directeur du Conseil provincial du tourisme à Ouarzazate, il est fort probable que les réalisations de cette saison atypique de 2020 avoisineront les chiffres enregistrés au début des années 80.

Une étude statistique réalisée au sujet du suivi des répercussions de cette crise sanitaire sur le tourisme national montre que le nombre d’arrivées devrait dépasser les 2,37 millions de touristes, soit une perte de plus de 10,5 millions de touristes par rapport à la saison 2019, essentiellement due aux 5,5 millions de touristes étrangers de séjour (TES) et aux 4,9 millions de MRE en moins.




En ce qui concerne les nuitées, les estimations se situeraient aux alentours de 5,8 millions, soit une perte de près de 19,5 millions de nuitées par rapport à l’année 2019, dont plus de 5,8 millions de nuitées générées par le tourisme interne. Il est à rappeler que le tourisme marocain a enregistré une nette évolution en termes d’arrivées, de nuitées et de recettes en devises depuis 2012.

Ainsi, de 9,37 millions de touristes, les arrivées sont passées à 12,93 millions de touristes en 2019, tandis que les nuitées sont passées de 17,56 millions à 25,24 millions durant la période 2012-2019; cette performance a eu un impact très positif sur les recettes en devises, qui sont passées de 57,8 milliards de dirhams en 2012 à 78,7 milliards de dirhams en 2019.

«Le secteur manque de visibilité sur son avenir. À part quelques hôtels, la majorité des établissements sont restés vides durant le mois de juillet et les professionnels navigueront à vue pendant le mois d’août».




C’est ce qu’a souligné Najia Ounassar, présidente de l’Association de l’industrie hôtelière d’Agadir (AIHA). En attendant l’ouverture des frontières, 26,1% des ménages marocains ont l’intention de voyager une fois l’état d’urgence sanitaire levé, selon une récente étude du Haut-Commissariat au Plan (HCP), réalisée dans le cadre du second panel sur l’impact de la pandémie Covid-19 sur la situation économique, sociale et psychologique des ménages.

On note aussi que plus de 7 ménages sur 10 (71,5%) ne comptent pas voyager pendant ces vacances d’été. De même, concernant le lieu de séjour des ménages ayant l’intention de voyager, une écrasante majorité, soit 78,9%, compte séjourner chez la famille.

Les autres options prévues sont les maisons de location à hauteur de 8,2%, les logements secondaires à hauteur de 4,1%, les centres d’estivage (3,2%) ou encore les hôtels ou résidences hôtelières (3%).




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