Enseignement privé: polémique autour des frais de scolarité du mois d’avril

Placées sur le banc des accusés pour avoir incité les parents à payer les frais de scolarité, les écoles privées répondent à l’avalanche de critiques qu’elles subissent.




Dans son édition de ce mercredi 8 avril, Al Ahdath Al Maghribia rapporte que le confinement général décrété par les autorités, il y a quelques semaines, pour endiguer la propagation du Covid-19, a semé la discorde entre les écoles privées et les parents d’élèves. Objet du désaccord: le paiement des prestations scolaires.

En effet, de nombreux parents exigent une exonération des charges scolaires ou, du moins, des facilités de paiement pour le reste de l’année, en particulier pour les familles affectées par le ralentissement de l’activité économique du fait de la pandémie. Des courriers envoyés par les administrations des écoles aux familles et portant sur le paiement du mois de février ont suscité la grogne de certains parents, en arrêt de travail. Mais les points de vue divergent.




D’autres trouvent les revendications des administrations tout à fait légitimes et appréhendent l’arrêt de ces structures, dont la plupart sont des TPME. D’autant qu’en dépit de l’arrêt ministériel exigeant des établissements une fermeture prolongée, les équipes éducatives continuent de se mobiliser pour donner des cours à distance.

Ceci dit, pour la plupart, les écoles ne prennent pas en considération la situation délicate que traversent les familles par les temps qui courent. Ainsi, Mohamed, père de famille âgé de 48 ans, ne cache pas son mécontentement suite à l’appel qu’il a reçu de l’école fréquentée par ses deux fils, au sujet de la somme due au titre du mois de février, rapporte le média casablancais.




Pour sa part, Leila, une jeune maman, explique au journal qu’elle ne voit pas d’intérêt d’honorer ses engagements, même si sa situation n’a pas été impactée par la crise actuelle, du fait que la prestation n’est plus fournie. À l’opposé, d’autres parents demeurent stupéfaits par le refus des familles qui ont les moyens d’honorer leur engagement. «La logique voudrait que seules les familles dans le besoin dérogent à la norme», explique Khadija, une mère de deux enfants.

Devant cette avalanche de critiques, la fédération des écoles privées précise, via son président Abdessalam Amour, que les écoles privées sont des entreprises citoyennes et qu’elles prêteront main forte aux familles victimes des conséquences de la crise sanitaire actuelle, sous condition de présentation d’une demande accompagnée de pièces justifiant l’arrêt de travail ou l’impact éventuel sur l’activité. Le président de la fédération appelle les familles bénéficiant d’une situation stable à tenir leur engagement afin d’éviter que ces entreprises ne s’écroulent comme un château de cartes.




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