État d’urgence sanitaire: pourquoi il faut écouter les recommandations des oulémas

L’état d’urgence sanitaire aura permis aux Marocains de se réconcilier avec leurs Oulémas, qui leur ont rappelé que la religiosité affichée n’avait rien à voir avec la piété.




La préservation de la vie prime, du point de vue de la Charia, sur tout autre acte, y compris la réunion pour les prières surérogatoires. Le Conseil supérieur des Oulémas est on ne peut plus clair sur ce point.

Dans un communiqué rendu public ce mardi, cette instance, seule habilitée à éditer des fatwas, souligne que «l’Imamat suprême, Imarat Al Mouminine, est soucieuse de la protection de nos vies en premier lieu et de l’accomplissement de notre religion en deuxième, et qu’elle veille sur la situation sanitaire dans le Royaume, comme elle est soucieuse de rouvrir les mosquées lorsque les conditions seront réunies, dans le cadre du retour à la vie normale », rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jeudi 23 avril.




D’après le Conseil, dont des extraits du communiqué ont été largement repris par le quotidien, «les actes d’adoration à Allah, quels qu’ils soient, ne sont pas privés de rétributions en cas d’incapacité de les accomplir, qu’il s’agisse des actes obligatoires, comme le Hajj, ou des diverses autorisations dictées par la Charia et, à plus forte raison, pour les actions motivées par une intention sincère mais pratiquement impossibles à exécuter parmi les actes de la Sunna, y compris les prières Tarawih et de l’Aïd».

De ce fait, affirme le Conseil, «l’accomplissement des Tarawih dans les mosquées peut être remplacé par la prière chez soi, individuellement ou collectivement, avec les membres de la famille, sans prise de risque». Par ailleurs, du point de vue de la Charia, la prière en groupe est celle accomplie par plus d’un fidèle.




Dans la situation critique que nous traversons aujourd’hui, les Oulémas prennent donc les devants pour clarifier certains points et rappeler certaines évidences, notamment l’importance de la vie humaine, peut-on lire dans le quotidien.

«Il est important aujourd’hui, écrit ainsi l’éditorialiste, que nos Oulémas, qui connaissent mieux que quiconque la religion pour l’avoir réellement étudiée, rappellent à chacun que Dieu est partout et que l’essentiel, dans la prière, est de se retrouver seul avec Dieu, en toute sincérité et dans la sérénité. Les manifestations de la religiosité apparente, sociale et collective que nous croyions, à tort, faire partie intégrante de l’Islam, n’ont finalement aucune importance, rappellent les Oulémas qui nous renvoient à un islam marocain modéré et tolérant, loin de toute extrémisme. Cet islam au sein duquel nous avons grandi.»




«Nous nous sommes égarés, ces derniers temps, nous avons perdu les fondements de notre véritable religion», poursuit l’éditorialiste. «Des étrangers nous ont apporté un autre islam qui n’a rien à voir avec le nôtre et ont fini par nous l’imposer. C’est à ces extrémistes que le Maroc est en train de donner des leçons aujourd’hui. Nous leur rappelons que nous, Marocains, connaissons mieux que n’importe qui notre relation avec notre créateur. Nous nous adressons à lui directement sans intermédiaire. Nous apprenons à tous ces intrus que nous connaissons mieux que quiconque nos intérêts ici-bas et tout ce qui relève de nos rapports avec notre créateur.»

Cette crise, conclut l’éditorialiste, nous aura finalement réconciliés avec nos Oulémas, les vrais. Nous reprenons confiance en eux.





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