Avenir sombre pour Royal Air Maroc et les autres compagnies aériennes africaines

Que restera-t-il des compagnies aériennes africaines, dont Royal Air Maroc, à la fin de la crise sanitaire qui secoue le monde ? Pour le moment, elles sont au bord de la faillite, et sans perspectives viables.




La crise sanitaire actuelle n’a épargné aucune compagnie aérienne. Même les plus anciennes s’essoufflent et pourraient ne pas tenir longtemps.

Classée il y a quelques mois parmi les cinq premières compagnies aériennes du continent, Royal Air Maroc est aujourd’hui au bord du gouffre.

Plus d’un tiers de sa flotte est cloué au sol. Sans attendre la fin de la crise sanitaire, elle a déjà engagé un plan d’austérité pour « limiter les dégâts sur sa trésorerie ».

60 % du trafic de la compagnie depuis Casablanca se faisait en direction des pays d’Afrique au sud du Sahara, qui ont tous verrouillé leurs frontières aériennes, rappelle francetvinfo.




Le drame des compagnies aériennes africaines, est qu’elles étaient nombreuses à traverser le désert avant que la crise du covid-19 ne vienne corser la note.

C’est le cas de la South African Airways, devenue un gouffre financier, selon francetvinfo, qui signale que le covid-19 est en train de chanter le requiem « d’une compagnie qui a fait la fierté de l’Afrique du Sud pendant des décennies ».

Endettée jusqu’au cou, avec plus d’un milliard de pertes sur les six dernières années, de sources bien informées soulignent « qu’elle va bientôt disparaître pour laisser la place à une nouvelle compagnie totalement restructurée ».

L’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) redoute le pire si les compagnies aériennes africaines ne reçoivent pas de soutien. « Elles vont se retrouver en situation d’insolvabilité d’ici la fin du mois de juin », précise l’association.




Même la première compagnie aérienne d’Afrique, Ethiopian Airlines, « fleuron de l’économie éthiopienne, lutte péniblement pour sa survie ».

Depuis le mois de janvier, elle a déjà perdu plus de 550 millions de dollars et mise aujourd’hui sur le fret et quelques vols cargos pour ne pas sombrer. Seulement, sa capacité de résistance reste très limitée si la crise perdure.

Au Cameroun, la compagnie privée Camair-Co a pris le devant de la situation « en mettant au chômage technique la majorité de son personnel et espère un coup de main de l’État pour se relever ».

Le même scénario se joue en Algérie avec Air Algérie qui se retrouve au bord de la faillite « depuis que l’ensemble de ses 56 avions ont été immobilisés ».




Que ce soit Kenya Airways, Air Mauritius, RwandAir ou encore Air Sénégal, toutes ces compagnies ont vu leurs trésoreries affectées par la pandémie du coronavirus.

Le ministre ghanéen de l’aviation civile, appelle à « un plan marshall » pour sauver le secteur aérien africain. Il sera appuyé par l’Association internationale du transport aérien (IATA), qui demande aux États d’investir pour « sauver du naufrage les compagnies aériennes agonisantes qui n’avaient jamais été confrontées à un tel défi ».

Selon son secrétaire général, Abderahmane Berthé, il faudra « réunir entre 2,5 et 3 milliards d’euros à travers des aides financières, ou des allègements de taxes et charges, pour sauver les compagnies africaines menacées par la pandémie du coronavirus ».




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