Des imams en colère contre l’appel aux dons de Mustapha Benhamza

Des imams en colère contre l’appel aux dons de Mustapha Benhamza




Les imams dénoncent l’initiative de certains conseils des oulémas appelant les citoyens à faire don de la zakat aux imams et aux préposés religieux. Tout en rappelant leur rôle de gardiens de la spiritualité, ils accusent le ministre des Habous d’avoir ignoré leurs revendications.




Les imams détenteurs de diplômes universitaires ont qualifié l’initiative de certains conseils des oulémas d’«appel d’humiliation, de mendicité et d’atteinte à leur dignité». En effet, ces conseils avaient appelé les citoyens à canaliser la zakat (aumône de l’Aïd) vers les imams et les muezzins.

Les imams indiquent qu’ils apprécient l’intérêt que leur porte le professeur Benhamza mais ils tiennent à dénoncer avec véhémence «l’appel à la charité des citoyens en notre nom» en rappelant qu’ils sont fiers d’accomplir leurs nobles missions dans les mosquées. Du coup, indiquent-ils, ils refusent que l’on minimise leur rôle en tant que secteur spirituel productif dont les contributions sont précieuses dans les domaines éducatif et social: « Nous sommes les gardiens de la sécurité spirituelle et de la défense des constantes religieuses et nationales. »




« En plus de la surveillance du bon déroulement des rites d’adoration », martèlent les imams. Des prêcheurs en colère qui refusent, disent-ils, cette tentative de les présenter comme des «invalides et des désœuvrés». Ils considèrent que la justification donnée par «l’appel de l’humiliation» du conseil des oulémas est devenue obsolète dans la société marocaine.

Car, précisent-ils, l’aumône de la rupture du jeûne et la zakat en blé ou en dattes est un devoir religieux défini par la charia. Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia rapporte, dans son édition du vendredi 22 mai, que les imams ont souligné que « les circonstances que traverse le Maroc nécessitent que l’on adopte une politique rationnelle qui redonne aux imams la place qu’ils méritent en tant que gardiens des nobles missions de la mosquée.  Une place qui traduit concrètement le premier article du Dahir »




« L’article relatif à l’organisation des tâches des préposés religieux et à la définition de leurs situations ». Autant dire, ajoutent les imams, que «l’appel à la charité» n’est qu’une tentative pour certains de se dérober à leurs responsabilités et d’exploiter la situation précaire dans laquelle vivent les imams dans la plupart des mosquées.

Et les imams de marteler: «Nous refusons de vivre avec l’aumône et de manger les restes des repas que l’on sert lors des cérémonies de la présentation des condoléances. La responsabilisé incombe au conseil des oulémas et au ministre des Habous et des affaires islamiques qui n’ont pas cessé d’ignorer nos revendications légitimes». Du coup, ils demandent au gouvernement de débloquer leur dû de l’argent public et d’adopter une politique qui préserve la dignité des imams «porteurs du Coran».




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