Masques médicaux: la stratégie nationale du Maroc

Alors que les Etats du monde entier s’arrachent les masques médicaux, devenus de plus en plus indispensables pour endiguer la pandémie mondiale du coronavirus, le Maroc opte pour une stratégie restrictive et «endogène». D’abord en interdisant tout exportation de ces produits via un texte réglementaire, en leur fixant un prix, puis en sécurisant la production nationale.




Des stocks détournés en Europe, un revirement des experts sur leurs utilité, une production chinoise à bout de souffle,… Les masques chirurgicaux deviennent de plus en plus un produit à fort enjeu géostratégique. Dans ce contexte, le Maroc a décidé, avant même l’imposition de l’état d’urgence sanitaire, de protéger ses stocks en saisissant tour à tour à Agadir et à Casablanca plusieurs dizaines de milliers de masques chirurgicaux.

Interdire les exportations, soutenir la production

Fin mars, un arrêté publié par le ministère de l’Industrie et du Commerce a interdit l’exportation des masques ainsi que des gels antiseptiques. Dans la foulée, le décret encadrant les prix des masques de protection pour une durée de 6 mois a été publié le 2 avril, à 25 dirhams la boite de 10 unités (soit 2,5 dirhams l’unité), et à 100 dirhams la boite de 50 unités (soit 2 dirhams l’unité).




Une dizaine d’usines de tissu se reconvertissent en produisant des masques de protection en ces temps de pandémie. Les fabricants semblent confiants, malgré une demande qui ne cesse de s’accroître. Ces usines sont certifiées par l’Institut marocain de normalisation (Imanor). Jusqu’à présent, deux entreprises ont obtenu cette certification, Micagricol à Casablanca et IKS à Marrakech.

Un contexte mondial tendu

Le monde fait face à une pénurie de masques et autres équipements de protection contre le nouveau coronavirus, dont la demande et les prix flambent, a alerté vendredi le chef de l’Organisation mondiale de la santé.




« Le monde fait face à un manque chronique d’équipements de protection individuelle », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’une réunion du comité exécutif de l’OMS à Genève.

Il a fait état de « graves ruptures » sur le marché mondial de ces équipements, avec « une demande jusqu’à cent fois supérieure à la normale et des prix jusqu’à vingt fois plus élevés ».

Dans un contexte pareil, la stratégie marocaine semble compréhensible puisque les Etats font fi des règles du commerce international. Des stocks de masques sont même parfois détournés sur le tarmac des aéroports chinois au profit du plus offrant.




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