Affaire “Hamza mon Bb” : Report du procès au 9 juillet prochain

Affaire “Hamza mon Bb” : Report du procès au 9 juillet prochain




Le Tribunal de première instance de Marrakech a décidé, jeudi, le report au 9 juillet prochain, de l’examen de l’affaire “Hamza mon Bb”, indique-t-on de source judiciaire.




Cette décision intervient suite à la demande, formulée par la défense des deux mises en cause (D.B) et (I.B), de reporter le procès jusqu’à la fin de la période du confinement sanitaire. 

La défense a argumenté sa requête relative au report par la nécessité de la présence de l’ensemble des parties concernées au Tribunal pour une confrontation directe. 

Les accusés sont poursuivis dans le cadre de cette affaire, chacun en ce qui le concerne, pour “participation à l’accès frauduleux au système informatique de données”, “participation délibérée à entraver le fonctionnement de ce système”, “diffusion d’images et de déclarations d’autrui sans consentement”, “diffusion de faits infondés dans le but de nuire à la vie privée d’individus et diffamation”, ainsi que pour “participation et chantage”.




Comprendre l’affaire Hamza mon bb

Cette affaire monopolise l’opinion publique depuis septembre 2019. C’est un dossier intriguant qui porte sur des crimes très graves, dont la diffamation, l’atteinte à la vie privée d’autrui, le chantage et l’utilisation et la publication de données intimes et personnelles. En effet, l’affaire « Hamza mon bb » est devenue aujourd’hui le centre de toutes les discussions, d’autant plus que parmi les personnes impliquées on retrouve les sœurs Dounia et Ibtissam Batma.

Le premier verdict de ce dossier est tombé dans la soirée du mardi 11 février. La sentence est lourde. L’affaire Hamza mon bb continue à faire du bruit. Dans la nuit du mardi 11 au mercredi 12 février, la chambre pénale du tribunal de première instance de Marrakech a condamné trois accusés impliqués dans ce dossier à deux années de prison ferme, assorties du paiement d’une amende de 100 000 dirhams.

Il s’agit de la Youtubeuse Soukaïna Glamour, de Adnane El Fizazi (dit « Moul El Ferrari », loueur de voitures) et de Mohamed Dahir, un prétendu correspondant de presse.




Ces derniers, arrêtés depuis septembre 2019, sont poursuivis pour «accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données et atteinte à la vie privée d’autrui, d’avoir diffusé sur le net des déclarations et photos privées de personnes sans leur consentement, et d’avoir recouru à la diffamation ainsi que la participation à des actes de chantage et de menaces». 

La Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) a interrogé près de huit personnes impliquées dans cette affaire. Elle a procédé à l’arrestation de cinq d’entre elles, dont un policier.

Également inculpé dans ce dossier, Aicha Ayach fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par le Maroc. De plus, la BNPJ a convoqué la chanteuse Dounia Batma et sa sœur Ibtissam pour déterminer le niveau de leur implication dans cette affaire. Dounia est actuellement poursuivie en état de liberté après s’être acquittée d’une caution de 500 000 dhs et elle est également interdite de quitter le territoire national. Sa soeur Ibtissam est actuellement poursuivie en état de détention. Elle est en prison.




Comment l’affaire Hamza mon bb a commencé ?
Les comptes Facebook, Instagram et Snapchat de « Hamza mon bb » sont apparus pour la première fois en 2016. Ils partageaient régulièrement des photos, des vidéos et des messages secrets appartenant à des stars nationales et internationales.

En contrepartie, les gestionnaires de ces comptes réclamaient des sommes importantes pour surseoir à la publication de ces contenus compromettants.

C’est en tout cas ce qu’avait déploré en 2016 la première plaignante, la célèbre styliste Soltana (Siham Badda), au Procureur du roi près du tribunal de première instance de Marrakech. Badda avait dénoncé que les comptes « Hamza mon bb » affirmaient sur les réseaux sociaux qu’elle était l’instigatrice d’un réseau de prostitution à Marrakech.




Les comptes l’accusaient aussi sur les réseaux sociaux de faire du proxénétisme au profit de plusieurs personnalités du Moyen-Orient. Près d’une année plus tard, la journaliste marocaine Meriem Saïd, qui a travaillé, notamment, pour le compte de la célèbre chaîne saoudienne MBC, était devenue la deuxième victime de « Hamza mon bb ».

Les maîtres chanteurs du compte avaient publié des photos compromettantes de la journaliste, entrainant la rupture de ses fiançailles avec le richissime homme d’affaires maroco-américain Karim Drif ainsi que son limogeage de MBC.

Après plusieurs mois d’investigation, Saïd a porté plainte en 2018 contre Dounia Batma et sa sœur, Ibtissam, qu’elle accuse d’être derrière la publication de ses données personnelles.




Outre Siham Badda et Meriem Saïd, deux autres personnalités se sont tournées fin 2019 vers la justice pour signaler les menaces de chantage et la diffamation dont ils ont fait l’objet.

La première est la chanteuse d’origine sahraouie, Saïda Charaf, et la deuxième est le président du Centre national des droits de l’Homme (CNDH) Mohamed Madimi.

Charaf avait eu recours aux services d’un « hacker » afin de récupérer les données personnelles de son compte Instagram piraté. Il s’est avéré que ce « hacker » était à l’origine du piratage dudit compte et de la publication sur la plateforme Hamza mon bb de messages insinuant que la chanteuse entretiendrait des rapports occultes avec plusieurs séparatistes du Polisario.




Pour sa part, Madimi a expliqué qu’il avait retrouvé sur les réseaux sociaux des photos de lui prises à son insu dans des lieux publics. «Je n’ai jamais eu de compte Instagram ni de compte Snapchat et je ne connaissais absolument pas Hamza mon bb.

L’attaque contre le Centre était une véritable surprise, car à notre connaissance, ce compte ne publiait que du contenu relatif aux célébrités», avait-il précisé début janvier.

Et d’ajouter : «cette attaque est survenue lorsque nous avions commencé à enquêter sur l’acquisition illégale de biens dans la ville (Marrakech). À ce moment-là, Hamza mon bb avait également commencé à s’en prendre à des avocats et des magistrats marrakchis».




Ce qu’on sait actuellement sur cette affaire
Après la multiplication des plaintes contre les comptes Hamza mon bb, la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) a ouvert une enquête en septembre 2019. Elle a par la suite arrêté la Youtubeuse Soukaïna Glamour comme principal suspect dans cette affaire.

Dans sa déposition, cette dernière a confirmé l’implication des sœurs Batma dans la gestion et le financement des comptes Hamza mon bb.

Ces déclarations ont ainsi conduit à l’arrestation de Dounia et Ibtissam Batma le 27 décembre. Cette affaire rocambolesque se poursuit encore. Elle a connu beaucoup de rebondissements « spectaculaires ».




Elle en connaitra probablement d’autres. En attendant, Hamza mon bb est de retour sur le réseau social Snapchat. Dans une nouvelle publication, les administrateurs de ce profil anonyme ont promis de révéler de nouveaux secrets et d’autres scandales.

«Je suis quelqu’un de noble. Je n’ai rien à voir avec tous ces mercenaires qui veulent me faire taire. Mais je vous dis tous que vous n’allez jamais atteindre cet objectif», lit-on sur le message du compte.

Par ailleurs, Dounia Batma, qui vient d’annoncer être enceinte de son deuxième enfant, fait des mains et des pieds pour blanchir son nom et celui de sa sœur.




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