Déconfinement au Maroc: ce que propose le HCP

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) propose plusieurs scénarios de sortie pour le déconfinement.




Comment sortir du confinement? C’est la question à laquelle répond le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Ainsi, selon le HCP, plusieurs scénarios se profilent. «Le scénario de référence d’évolution naturelle est un cas d’école qui suppose une évolution naturelle de la pandémie sans aucune barrière, laquelle s’étendrait ainsi à la majorité de la population jusqu’à ce qu’une immunité collective éventuelle soit acquise.




Ce scénario théorique permet en fait de mesurer les acquis des autres scénarios», souligne le HCP. «Si cette approche est adoptée, la pandémie atteindra rapidement un pic avec un nombre très élevé de cas infectés, ce qui mettra sous forte pression le système sanitaire. Quant au taux de létalité, il serait élevé. Ce scénario suppose une contamination d’environ 80% de la population», ajoute encore le HCP à propos de cette phase d’«évolution naturelle».





Il y a, par ailleurs, le scénario tendanciel. «Ce scénario prolonge la situation actuelle toutes choses étant égales par ailleurs, c’est-à-dire toutes mesures déjà prises maintenues. La simulation de la poursuite du confinement grâce au modèle mathématique utilisé aurait abouti à plusieurs impacts: un nombre total d’infectés cumulé à 7.800 cas vers début juillet, un nombre d’infectés actifs aux alentours de 3.200 cas et une tendance dégressive vers un chiffre faible à fin juillet», explique le HCP.




Le journal poursuit en faisant remarquer qu’il faut garder en tête qu’en l’absence de vaccin ou d’une immunité communautaire acquise, le coronavirus continuera à se propager avec un risque de rebond. «Il est donc nécessaire d’envisager des scénarios de déconfinement à impact économique et social positif tout en contrôlant, d’une part, les risques de transmission et, d’autre part, la pression sur le système de santé national», indique le HCP.





L’autre scénario est celui de la «sortie généralisée du confinement». A ce niveau, il s’agit d’opérer une sortie de confinement qui concerne l’ensemble de la population âgée de moins de 65 ans, non atteinte de maladie chronique (27,5 millions). Ce scénario suppose un nombre de 2.000 cas infectés actifs au moment du déconfinement. «Une fois cette population déconfinée, le nombre de contacts par jour augmenterait d’une amplitude estimée via le modèle mis en place à +64%.




Ce qui situerait le R0 à 1,248 en supposant le maintien des mesures d’autoprotection», note le HCP. Toujours selon la même source, si ce scénario est appliqué, en 100 jours, 8% de la population devrait être touchée par le virus. De ce fait, le système sanitaire marocain serait débordé en 62 jours, avec un taux d’hospitalisation de 10% seulement des cas actifs. De même, l’application de ce scénario sans mesures d’autoprotection aboutirait, après 100 jours, à l’infection de 50% de la population.





La «sortie de confinement restreinte» est un autre exemple de scénario. «Pour relancer l’économie nationale et sans trop exposer la population à la pandémie, un scénario dit de sortie de confinement restreinte est envisageable. Il s’agit du déconfinement de la population active occupée âgée de moins de 65 ans et non atteinte de maladie chronique. Dans ce cas de figure, le nombre de cas infectés serait, en l’espace de 100 jours, de 18.720 cas confirmés positifs, ce qui suppose un besoin maximal de 3.200 lits d’hospitalisation (100% d’hospitalisation des infectés actifs conformément à la stratégie nationale) et de 160 lits de réanimation (5% des infectés actifs) pour 748 décès (4% des infectés cumulés)», explique le HCP.




Autre scénario encore: celui d’une «sortie de confinement large». Les Inspirations Eco explique que ce scénario suppose le déconfinement de la population active occupée âgée de moins de 65 ans et de la population âgée de moins de 15 ans, non atteinte de maladie chronique (16,7 millions). On apprend que ce scénario a pour objectif d’ouvrir l’économie avec, en même temps, un retour progressif des activités sociales. Il suppose aussi un nombre de 2.000 cas infectés actifs au moment du déconfinement.




«Ce déconfinement augmenterait le nombre de contacts par jour des sujets infectés de 24% et, par conséquent, accroîtrait le nombre d’infections en portant le R0 à 0,94, dans le cas du maintien des mesures d’autoprotection. La simulation donnerait, dans cette situation, 31.663 cas confirmés positifs en 100 jours avec un pic de 3.200 cas infectés actifs, ce qui se traduirait par un besoin maximal de 3.200 lits d’hospitalisation (100% d’hospitalisation), de 160 lits de réanimation (5% des infectés actifs) et aboutirait à 1.266 décès (4% des infectés cumulés)», indique le HCP.





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